• CRITIQUES– REPONSES

    1a.  Pourquoi alors que les peuples d’Asie qui parlent des langues Indo-européennes représentent tant de monde, les gens avec des aspects Européens sont si rares ?

    Eh bien, on peut penser que les peuples Indo-européens qui se sont répandus en Asie (et dans une grande partie de l’Europe) devait être bien moins nombreux que les populations locales. Environ 4000 ans de mélange avec des gènes récessives au sein de populations bien plus nombreuses et avec parfois un phénotype très différent:

    (l’Inde par exemple était déjà très peuplée en ces temps anciens et la population Dravidienne a la peau noire

    (les dravidiens les plus « purs », du sud du sous-continent Indien ont la peau plus noire que certains Africains, tels que les Bochimans (bushmen) de l’Afrique Australe par exemple), faut-il vraiment s’étonner que le type physique Européen soit si rare ?

    [On peut aussi remarquer que les haplogroupes ADNmt (lignées féminines) associés avec l'haplogroupe ADN-Y R1a (lignée masculine ici associée aux Indo-européens) en Asie centrale et en Sibérie du sud dans les populations de l'âge du bronze supposées Indo-européennes (voir sections suivantes), sont très rares en Inde:

    (mais existent malgré tout; pour exemple, on peut trouver l'haplogroupe ADNmt U5a1, typiquement d'origine Européenne, en Inde, même si extrêmement rare. D'autres aussi.) et d'une manière générale en Asie du sud, ce qui pourrait peut-être évoquer l'invasion d' un groupe humain constitué majoritairement d'hommes et de peu de femmes dans cette région.

    La majeure partie des haplogroupes ADNmt locaux semblent en général autochtones.]

    Femme Dravidienne du Tamil Nadu

    Femme Dravidienne du Tamil Nadu

     Pas convaincus ?
    Nous avons pourtant sous les yeux un exemple similaire attesté historiquement.
    Il y a 1000 ans (donc quatre fois moins longtemps que la période de temps dont nous parlons) un peuple de cavaliers nomades Turco-mongols (donc Asiatiques) a envahi et conquis l’Anatolie (Turquie). Aujourd’hui la population parle la langue Turque de ces envahisseurs, mais bien peu de Turques ont des caractéristiques Asiatiques typiques des peuples Turcs originels.

    Les haplogroupes ADN-Y typiques des peuplades Turques, N, C et Q se retrouve en petite quantité (moins de 15 % (une estimation donne même moins de 5 %)) dans la population de la Turquie (la majorité des haplogroupes ADN-Y locaux sont Sémitoïdes (J), « Européens » (R1b, R1a et I), Caucasiens (G) et « est-méditerranéen/ »Berbère »/ »est-africain » (du type E1b1b1 – ex E3b1) ).

    Une petite population a eue un impact majeur sur une population bien plus grande.
    Le même schéma peut être observé avec les Indo-européens d’Asie … où même avec les Indo-européens d’Europe apparemment.

    Carte des haplogroupes d'Europe, du Proche-orient et d'Afrique du nord

    Carte des haplogroupes ADN-Y d’Europe, du Proche-orient et d’Afrique du nord

     

    Une proportion non-négligable d'haplogroupe "Européens" se retrouve dans la population turque, en grande partie en raison de l'installation de peuples Indo-européens dans l'antiquité (Hittites, Phrygiens, Gaulois et autres)

    Une proportion non-négligable d’haplogroupes “Européens” se retrouve dans la population Turque, en partie en raison de l’installation de peuples Indo-européens dans l’antiquité (Hittites, Phrygiens, Gaulois (Galates) et autres)

     

    On peut remarquer que les phénotypes Européens en Asie sont en plus forte proportion dans les régions les plus isolées, comme le Nuristan, où le mélange, par définition a été moindre.

    Certaines personnes veulent voir dans les phénotypes europoïdes parfois trouvés en Afghanistan, le résultat de viols par l’armée Russe (l’URSS a envahi l’Afghanistan en 1979 et l’a quitté en 1989).

    Il est à mon avis déjà difficile d’imaginer les armées Soviétiques changeant à elles seules le visage du Nuristan (région ou ces caractéristiques ne sont pas rares et qui par ailleurs ne faisait pas partie des zones contrôlées par les Soviétiques), qui plus est en dix ans, mais (a) il existe des photos de Nuristanis datant d’avant l’invasion (comme celle-ci qui date de 1971, soit huit ans avant l’arrivée des Soviétiques), (b) des phénotypes Europoïdes sont trouvées bien au-delà des régions où l’armée Soviétique a opérée (on en trouve dans toute une partie de l’Asie, bien qu’en général très rares), (c) nous savons par l’ADN ancien qu’il a existé des populations avec ce genre de caractéristiques et portant des signatures génétiques trouvées en Europe (et des momies d’Asie semblent le confirmer) pas si éloignées de ces régions (voir sections suivantes), (d) et certains témoignages anciens prouvent que ces caractéristiques sont trouvées dans ces régions depuis longtemps (un moine Bouddhiste Chinois du 7ème siècle après J.C. décrit la population d’un royaume que l’on peut sans doute situer soit au sud du Tadjikistan soit au nord-est de l’Afghanistan où la population avait majoritairement les yeux bleus (source en Anglais : Si-Yu-Ki: Buddhist Records of the Western World (la page manquante précédant l’extrait est trouvable ici en cherchant « Ta-mo-si-tie-ti »)).

    Quelques phénotypes Afghans :

    Malgré les mélanges avec des populations non Europoïdes, certaines régions de l'Afghanistan ont des populations qui ont assez régulièrement des caractéristiques Europoïdes.

    Malgré les mélanges avec des populations non Europoïdes, certaines régions de l’Afghanistan ont des populations qui ont assez régulièrement des caractéristiques Europoïdes.

     

    Pachtoune au teint clair et aux yeux bleus.

    Pachtoune à la peau claire et aux yeux bleus.

     

    Sharbat Gula, jeune Afghane dont la photo a fait le tour du monde en raison de ses yeux perçants très verts. Tient-elle ses yeux verts de quelques ancêtres Indo-européens venus d'ailleurs en des temps anciens ?

    Sharbat Gula, jeune Afghane dont la photo a fait le tour du monde en raison de ses yeux perçants très verts. Tient-elle ses yeux verts de quelques ancêtres Indo-européens venus d’ailleurs en des temps anciens ?

     


    1b. Ce blog prétend qu’une grande part de l’Asie Centrale et du sud de la Sibérie étaient habitées autrefois par des peuples blancs Indo-européens, pourtant la population actuelle de cette immense région ne semble pas particulièrement de type Européen.

    Cette région du monde n’a jamais été très peuplée comparée aux autre régions de l’Eurasie. Un pays immense comme le Kazakhstan n’a aujourd’hui encore, que 16 millions d’habitants, c’est-à-dire la population d’un « petit » pays comme les Pays-bas.

    Quand ces régions ont subit les invasions des peuplades Turco-mongoles – à plusieurs reprises (Huns, Avars, peuplades Turques, puis bien plus tard Mongols) -, les populations locales apparemment assez largement blanches/Europoïdes (au minimum largement de type caucasien) et Indo-européennes (Scythes/Sakas), sans doute aussi relativement peu nombreuses, ont été repoussées (les Alains et les Sarmates ont été encore davantage poussés vers l’Europe et ont par la suite prit part aux grandes invasions – lesquelles étaient provoquées par l’arrivée des Huns (qui étaient clairement la raison directe de la migration des Wisigoths dans l’empire romain d’orient, par exemple), massacrées et intégrées au sein de ces populations Turco-mongoles. Les Mongols, par exemple, étaient bien connus pour leurs massacres de masse et leur cruauté gratuite et on peut imaginer que les populations locales ont beaucoup eu à souffrir de ce déferlement Asiatique. Les peuples Turques ont commencés à s’ installer en masse dans ces régions apparemment à partir d’il y a environ 1500 ans (la première vague étant les Huns il y a environ 1650 ans), mais un flux de population est-Asiatique non-négligeable est visible dès l’âge du fer dans toutes ces régions.

    Cela dit, des haplogroupes Europoïdes, en quantité relativement importante, sont bel et bien présents dans cette région du monde.

    Cette carte issue de « In the heartland of Eurasia: the multilocus genetic landscape of Central Asian populations« , une étude de septembre 2010, donne une idée des sources de populations ayant contribuées aux populations d’Asie centrale :

    Carte explorant l'origine des populations ayant contribuées aux peuples de l'Ouzbékistan, du Kyrgyzstan et du Tadjikistan, et leur répartition au sein des groupes linguistiques Turques et Indo-iraniens

    Carte explorant l’origine des populations ayant contribuées aux peuples de l’Ouzbékistan, du Kyrgyzstan et du Tadjikistan, et leur répartition au sein des groupes linguistiques Turques et Indo-iraniens (cliquer pour voir en plus grand)

     

    Quelques phénotypes avec des caractéristiques Europoïdes d’Asie centrale :

    Femme du Turkménistan

    Femme du Turkménistan

     

    Femme de l'Ouzbekistan

    Femme de l’Ouzbekistan

     

    Femme Asiatique à l'influence Europoïde visible

    Femme de type Asiatique à l’influence Europoïde visible

     

    Homme Ouïghour aux yeux bleus

    Homme Ouïghour aux yeux bleus (Xinjiang, Chine du nord-ouest)

     

    Vieil homme Kirghize

    Homme Kirghize aux yeux très bleus

     

    En Asie Centrale, aussi des yeux bleus sont parfois visibles

    En Asie Centrale aussi, des yeux bleus sont parfois visibles

     

    Jeune fille Turkmène d'Iran

    eune fille Turkmène d’Iran

     

     

    Voici l’extrait d’un article récent (paru en mai 2009) traduit de l’Anglais, « Ancient DNA provides new insights into the history of south Siberian Kurgan people » :

    « Pour aider à comprendre les mouvements anciens de migrations de la steppe Eurasienne, nous avons déterminés les haplotypes et les haplogroupes mitochondriaux et du chromosome Y de 26 anciens spécimens humains de la zone de Krasnoyarsk datant d’entre la moitié du 2nd millénaire avant J.C. et le 4ème siècle après J.C..

    Dans le but d’aller plus loin dans la recherche de l’origine géographique et des traits physiques de ces spécimens du sud de la Sibérie, nous avons aussi donné le type des single nucleotide polymorphisms (SNP) donnant des informations sur le phénotype. Notre analyse ADN autosomique, mitochondtriale et du chromosome Y révèle qu’alors que peu de spécimens semblent apparentés patrilinéairement ou matrilinéairement, presque tous les sujets appartiennent à l’haplogroupe R1a1-M17 qui est supposé être la marque d’une migration vers l’est des premiers Indo-européens. Nos résultats confirment aussi qu’aux âges du bronze et du fer, le sud de la Sibérie était une région où l’implantation Européenne était très largement majoritaire, suggérant une migration vers l’est du peuple des Kourganes (où Kurgans) à travers la steppe Russo-Kazhak. Enfin, nos données indiquent que durant la période de l’âge du bronze et du fer, les Sibériens du Sud avaient la peau pâle, les yeux bleus (où verts) et avaient les cheveux clairs et qu’ils pourraient avoir joué un rôle dans le début du développement de la civilisation du bassin du Tarim [ndr : c'est-à-dire, dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine]. Autant que nous le sachions , il n’y a pas eu d’analyse moléculaire équivalente entreprise jusqu’à maintenant. »

    Christine Keyser1, Caroline Bouakaze1, Eric Crubézy2, Valery G. Nikolaev3, Daniel Montagnon1, Tatiana Reis3 and Bertrand Ludes1

    (1) Laboratoire d’Anthropologie Moléculaire, Institut de Médecine Légale, Université de Strasbourg, 11 rue Humann, 67085 Strasbourg Cedex, France
    (2) AMIS, CNRS, Université de Toulouse, 37 allées Jules Guesde, 31000 Toulouse, France
    (3) State Medical University of Krasnoyarsk, 1 rue Partizana Zheleznyaka, 660022 Krasnoyarsk, Russia

    http://www.springerlink.com/content/4462755368m322k8/ (lien vers l’extrait (le résumé servant d’accroche à l’article) de l’article d’human genetics traduit ci-dessus (en Anglais))

    Les signatures génétiques auxquelles ont a pu rattacher des Individus d’aujourd’hui grâce aux bases de données existantes, aux individus de l’âge du bronze et du fer Sibérien de cette étude, sont souvent retrouvés en Europe (jusqu’en Angleterre et en Scandinavie … ou en Crète pour un individu) mais aussi en Asie (quelques individus au Népal, en Inde ou en Chine par exemple). Une momie du Xinjiang du site de Yuansha (datant environ de -100) était aussi apparemment apparentée a un de ces individus sud Sibérien.

    Il est aussi intéressant de noter que les haplogroupes ADNmt (définissant les lignées féminines) étaient très majoritairement ouest-Eurasien/Européens (haplogroupes ADNmt U2, U4, U5a1, T1, T3, T4, H5a, H6, HV, K et I). Durant l’âge du bronze (en l’occurrence, il y a à peu près entre 4000 et 3000 ans), les haplogroupes étaient à 90 % ouest-Eurasiens/Européens (et à 67 % durant la période de l’âge du fer).

    Ici aussi beaucoup d’individus avec ces signatures génétiques précises sont retrouvés en Europe [ndr : Grèce, Scandinavie, Slovénie et Europe de l'est entre autres (ex: les haplogroupes mtDNA I4 et T1 trouvés dans ces ossements de l'âge du bronze du sud de la Sibérie ont des correspondances dans le nord et le nord-est de l'Europe (dans le cas de T1 la fréquence la plus importante aujourd'hui de cet haplotype précis est apparemment dans la Baltique; cette signature génétique spécifique avait été aussi trouvée parmi des ossements anciens du Kazakhstan (Lalueza-fox et al. 2004) et du Xinjiang (Gao et al. 2008)), le U5a1 de l'étude est retrouvé dans le nord-ouest de l'Europe, l'haplotype U2e de cette étude seulement dans un individu de l'est de l'Europe et un Ouïghour (Xinjiang), le K2b n'a été retrouvé jusque-là que dans deux échantillons modernes, chez deux Européens - un Autrichien et un Hongrois - et les types précis de U4 de l'étude sont retrouvés surtout dans le nord, l'est, le sud-est de l'Europe et la zone Volga-oural (et aussi toujours en Sibérie (surtout dans l'Altaï) - jusqu'au lac Baïkal), etc...], mais aussi fortement dans la région actuelle ou ces os reposaient, et ailleurs en Eurasie.


    Le fait que durant l’âge du bronze, dans le sud de la sibérie (et comme on va le voir, le territoire de l’actuel Kazakhstan), l’haplogroupe ADN-Y R1a1 était associé de manière quasi-totale (90%) à des haplogroupes ADNmt ouest-Eurasien/Européens, plaide pour une dispersion de cet haplogroupe à partir de l’est de l’Europe, et non pour une origine Indienne ou sud-asiatique (théorie ardemment défendue, en particulier par les nationalistes Indiens, mais aussi par certains chercheurs sur la base de la diversité de cet haplogroupe dans certaines partie d’Asie du sud, que certaines études Indiennes ont supposément mis en évidence (conclusion étonnante vue la répartition des haplogroupes ADN-Y  P, Q et R (et leurs sous-groupes), une ancienne origine en Asie centrale des R1 semble bien plus probable – d’autant plus que si la source de ces R1a1a (et supposément locuteurs d’une langue Indo-européenne, pour expliquer la répartition de cette famille de langues) était l’Inde leur dispersion se serait vraisemblablement accompagnée d’autres haplogroupes d’Asie du sud, ce qui ne semble pas être le cas. On peut aussi remarquer qu’en plus du fait que le centre de gravité du monde Indo-européen se situe dans la région de la mer noire, les langues du groupe Indo-aryen (Inde) sont issues d’une langue Indo-européenne antérieure et non la source des langues indo-européennes.

    Dans le même ordre d’idées, on peut constater que la diversité des langues Indo-européennes est moindre en Asie du sud (famille Indo-iranienne))).

    Une origine lointaine des R1a1a en Asie du sud durant le paléolithique ne remettrait de toute façon pas en cause la théorie des kourganes. Les données archéologiques et linguistiques favorisent clairement cette théorie à une théorie décrivant une origine sud-asiatique des Indo-européens. Les distances de temps potentielles peuvent toujours permettre de conjuguer à la fois une origine sud-asiatique ancestrale très ancienne de cet haplogroupe et une origine au nord de la mer noire pour cette famille de langues et la culture qui lui est associée.

    A l’appui de la théorie décrivant des migrations de peuples Europoïdes en Asie du sud, on peut aussi ajouter à ceux déjà évoqués, un certain nombre d’indices archéologiques, linguistiques (mots communs à plusieurs langues Indo-européennes très éloignées géographiquement utilisant des mots de mêmes racines pour désigner certains arbres où animaux n’étant trouvés que dans des zones bien précises, ou bien la présence de mots empruntés à d’autres familles de langues), philologiques (indices peut-être même au sein des textes védiques), où génétiques (il existe, par exemple, différentes mutations permettant la tolérance au lactose (ici plus précisément la persistance de la lactase), or la mutation que possède les Européens pour cette tâche (mutation T-13910 du gène de la lactase (LCT)) est aussi présent en Asie du sud (particulièrement dans le nord-ouest du sous-continent Indien). Cette adaptation étant sans doute historiquement relativement récente, un mélange entre ces différentes populations pourrait permettre de l’expliquer).

    On peut aussi rajouter que dans une étude récente de 2009 sur le gène DRD2 (codant le récepteur de dopamine D2), Mr. Saraswathy de l’université de Delhi, en Inde, est arrivé à la conclusion que « Les résultats indiquent aussi une contribution génétique majeure de l’Eurasie dans les hautes castes du nord de l’Inde, à part de l’unité génétique des populations Indiennes [ndr : comprendre originellement exogène au sous-continent Indien - et de fait, il semble que des populations comme les Finnois, les Chuvash (Aussi "Tchouvaches" en Français, peuple de l'ouest de l'Oural, en Russie, Turquifié par le passé (ils parlent une langue Turque assez différente des autres) mais ayant apparemment un large substrat Europoïde autochtone, comme prouvé par ses haplogroupes) et même les Russes, semblent assez proches des populations des castes du nord de l'Inde dans le domaine étudié. Ces populations et les populations des castes du nord de l'Inde ont historiquement reçues in influx avec une composante est-asiatique donc il est possible qu'à l'origine les résultats auraient été encore davantage proche de la moyenne Européenne qui n'est, de toute manière, apparemment pas si éloignée].

    L’étude démontre aussi un plus grand influx génétique parmi les populations des castes du nord de l’inde qu’observé parmi les populations des castes du sud de l’Inde et les populations tribales « .

    (Kallur N. Saraswathy et al., Brief communication: Allelic and haplotypic structure at the DRD2 locus among five North Indian caste populations, doi: 10.1002/ajpa.21246 (en Anglais))

    ————————————–

    En 2004, une étude portant sur des restes humains d’individus trouvés dans l’actuel Kazakhstan et datant d’entre 1300 avant J.C. et 400 après J.C. avait atteint les mêmes conclusions :
    En des temps anciens, cette partie de l’Asie centrale était habitée par des peuples très largement Europoïdes (parfois un peu mélangée avec d’autres peuplades).

    « Les haplogroupes [ADNmt] présent chez les Kazakhs modernes, tels que B, F, C, Z, D, R, J et Y [ndr : presque tous typiquement asiatiques  (l'haplogroupe ADNmt J, lui, n'est pas typiquement Asiatique) et particulièrement est-asiatiques] n’étaient pas observés chez les Kazakhs de la période préhistorique [ndr : Ici, il s'agit au plus loin de l'âge du bronze].

    Par contraste, deux haplogroupes observés parmi les échantillons anciens, W et I, n’ont pas été retrouvés à ce jour parmi les Kazakhs modernes.
    Les résultats indiquent aussi qu’il y a un excès d’haplogroupes ouest Eurasien en comparaison avec ceux trouvés actuellement [au Kazakhstan] (notablement les haplogroupes ADNmt H et U).

    [...]

    L’absence observée de séquences est-Eurasienne avant les huitième et septième siècles avant jésus christ suggère une ancienne expansion préhistorique de peuples ayant des haplogroupes ouest Eurasiens en Asie, qui allèrent probablement plus loin vers l’est, dans le territoire de l’actuelle Chine. Cette expansion peut avoir un lien avec la découverte de momies ayant des caractéristiques Européennes et des séquences ADNmt ouest Eurasienne [ndr : en l'occurence de l'haplogroupe ADNmt H, haplogroupe ADNmt le plus fréquent d'Europe (DNA analysis of ancient desiccated corpses from Xinjiang (Francalacci, P., 1995), Journal of Indoeuropean Studies, vol. 23 (1995), pp. 385–389)] dans le bassin du Tarim, en Chine, aussi bien que de la présence de la langue indo-européenne Tokharienne.

    [...]

    La plupart des séquences retrouvées (n=21, 78 % [près de 4/5]) appartiennent à des haplogroupes ouest-Eurasiens/Europoïdes (haplogroupes ADNmt H, U, HV, T, I et W).

    ( document PDF en Anglais de cet article scientifique : « Unravelling migrations in the steppe: mitochondrial DNA sequences from ancient central Asians » (Lalueza-fox et al, 2004))

    Cette étude précise aussi que « (Dans) la période du 13ème au 7ème siècle avant Jésus-Christ (ndr : donc en plein âge du bronze, dans le contexte archéologique d’Andronovo, culture considérée Indo-iranienne), tous les échantillons ADN Kazakhs appartenaient à des lignées Européennes« .

    Il semble clair que ces peuplades de la Sibérie du sud et de l’Asie centrale (*) ont été les ancêtres des Scythes (Sakas) qui, rappelons-le, parlaient apparemment une langue Indo-européenne de type Indo-iranien – et que ces peuples de l’âge du bronze étaient liés aux populations Indo-européennes ayant vraisemblablement migrées en Asie du sud durant cette période .

    (*) nous parlons là de cultures supposées être Indo-européennes – la culture Andronovo de l’âge du bronze est fortement supposée avoir été culturellement Indo-iranienne (La culture Andronovo s’étendait sur la région du Kazakhstan, au sud de la Sibérie et à son extrémité sud-est connue, au Tadjikistan (pays au nord-est de l’Afghanistan et à l’ouest du Xinjiang)). Et la culture d’Afanasevo dans le sud de la Sibérie et le nord-est de l’Asie centrale, antérieure, est elle aussi fortement supposée avoir été Indo-européenne et le fruit d’individus europoïdes originellement issus du nord de la mère noire.

    Quelques détails supplémentaires sur des tests génétiques d’individus de la culture Andronovo (en Anglais) et extrait de l’article d’origine (en Anglais aussi)

    Origine des individus testés de l'âge du bronze et du fer du sud de la SibérieCi-dessus on peut voir que la plupart des anciens individus (individus du sud de la Sibérie et reliés à la culture Andronovo) testés (représentés par des ronds noirs) sur des loci (emplacements dans l’ADN) spécifiques liés à la pigmentation, apparaissent similaires aux Européens (aDNA samples = échantillons d’ADN ancien)

     

    Le fait que les peuples Scythes (Cimmériens inclus) aient parlés une langue Indo-iranienne a été entre autres inféré de par le nom de leurs rois, inclus dans les écrits des peuples voisins (ainsi que dans des inscriptions Sarmates du nord de la mer noire) et de langues visiblement issues de tels peuples (Langue Ossète (appelée Iron ævzag dans cette langue (le terme « Iron » lui-même semble révélateur (cf. iran, alan, aryan sont supposés être liés étymologiquement))) héritée des Alains et langue Saka du Xinjiang, aujourd’hui éteinte). Néanmoins, et en dehors des éléments culturels (les éléments culturels des cultures Indo-iraniennes se retrouvent dans les cultures constituant l’horizon archéologique d’Andronovo, et l’on peut constater d’après les mots non-indo-européens, apparemment empruntés au vocabulaire local, que les Indo-iraniens d’origine étaient des pasteurs ne vivant pas dans les centres urbains tels qu’on les trouvent dans la brillante ancienne civilisation de la vallée de l’Indus [pour plus de détails sur l'ethnogénèse des Indo-iraniens on pourra lire :  "The origins of the Indo-iranians, volume 3" d'Elena E. Kuz'mina (en Anglais)]) relevés via les trouvailles archéologiques, qui ne sont pas après tout un indicateur totalement certain de la langue parlée, par définition, il existe d’autres indices que les populations des zones géographiques concernées ont été des locuteurs Indo-iraniens.

    Par exemple dans l’hydronymie : Les fleuves Dniepr, Don, Donets et Dniestr (situés en Ukraine et en Russie) auraient pour étymologie l’indo-iranien danu- signifiant « rivière » (racine Indo-européenne aussi trouvée dans Danuvius (Danube) – voir aussi la déesse Hindoue Danu qui personnifiait peut-être les eaux primordiales et qui était la mère de Vritra, le serpent géant bloquant les eaux, tué par Indra).

    Dans le Tuva (République Russe au nord-ouest de la Mongolie), région de présence « Scythe« , on trouve aussi des noms de rivières semblant se rattacher à une étymologie Indo-iranienne. Il n’est d’ailleurs pas impossible que la dénomination antique Grecque de la mer noire, pont-Euxin, soit dérivée d’un mot « Iranien » (en l’occurence Scythe) « axšaina » signifiant « sombre« .

    Un autre point capital est que dans les langues Finno-ougriennes (Finlandais/Same/Estonien etc…) on retrouve des mots qui ont été empruntés à la famille Indo-iranienne spécifiquement (fait plutôt étrange). Par quel biais ces mots se sont retrouvés dans ces langues nordiques, la famille Indo-iranienne étant parlée actuellement quasi-exclusivement en Asie du sud ?

    Quelques exemples : Finno-ougrien / Indo-iranien

    • dieu : *pakas   / *bhagas  (A rapprocher du Russe Bog (Dieu))
    • ciel (i.-i. être céleste) : *taivas  / *daivas
    • faucille : *tarwas / *dharvas
    • loup : *werkas / *vrkas
    • mort : *martas / *mrtas
    • Comparez sata, « cent » en Finlandais, à satam en Sanskrit et à satəm en Avestique, aussi cent (à mettre en parallèle avec centum en Latin (prononcé kenntoume); cette dichotomie s / k est exemplaire du phénomène de satemisation dans les langues Indo-européennes)

    [A noter particulièrement : La famille de langue Finno-ougrienne semble avoir emprunter le terme même d' "Arya" aux anciens Indo-iraniens (source en Anglais)]

    Les échanges entre les langues Finno-ougriennes et l’Indo-iranien pourraient s’expliquer plus généralement par la présence de ce dernier dans la région de l’actuelle Ukraine, de la Russie et au sud de l’Oural avant -2000 (La culture Abashevo (source en Anglais) de Russie (s’étendant jusqu’à l’Oural – une bonne situation géographique pour expliquer une grande part des emprunts à l’Indo-iranien ancien dans les langues Finno-ougriennes) est parfois mentionnée comme source de la langue proto-indo-iranienne) , ce qui aurait aussi pour avantage d’expliquer certaines caractéristiques partagées entre l’Indo-iranien et le Grec ancien, deux groupes de langues considérés généralement comme issus d’un même ensemble à l’origine (le proto-Grec est souvent considéré originaire des Balkans, à la base – et donc voisin de l’Ukraine, région en contact avec le nord des Balkans.

    D’ailleurs, des pièces d’harnachement de chevaux de la culture d’Abashevo sont décrites comme très semblables à ces mêmes équipements dans la période la plus ancienne de la culture Mycénienne (la période Indo-européenne la plus ancienne connue de la Grèce Antique (supposée débuter au plus tôt vers -1900 et au plus tard vers -1600)). Par ailleurs, il est aussi intéressant de signaler ici que l’on trouve des emprunts a des stades anciens de l’Indo-iranien dans des langues de l’est du Caucase.

    Un des points qui semble confirmer que les emprunts à l’Indo-iranien parmi les langues Finno-ougriennes n’est pas uniquement dû aux Scythes (et Sarmates, Alains et autres) vient du fait que ces emprunts ont été identifiés comme appartenant à stades différents de l’évolution de la famille Indo-iranienne, impliquant que ces peuples Finno-ougriens ont été en contact pendant des siècles avec les Indo-iraniens, y compris a des stades très anciens comme l’Indo-iranien originel.

    Le Phénomène Seima-Turbino (terme faisant référence à des sites funéraires trouvés de la Mongolie à la Finlande et datant des environs de 1500 avant Jésus Christ (les plus vieux sites découvert semblent dater de -1900). Ces individus étaient des guerriers nomades et des métallurgistes voyageant à dos de cheval ou sur des chars à deux roues. Leur origine a été situées dans l’Altaï, ce qui nous renvoie aux trouvailles (archéologiques, génétiques et linguistiques) précédemment évoquées) pourrait aussi illustrer ce contact prolongé et les échanges nombreux entre les locuteurs Finno-ougriens et Indo-iraniens, qui est de fait patent dans la linguistique.
    Cela pourrait peut-être aussi contribuer à expliquer la diversité importante de l’haplogroupe ADN-Y R1a1a en Finlande (divers flux différents de R1a1a, de souche différentes, arrivant à des moments différents à cet endroit).

    L’apparente présence d’une élite Indo-iranienne dans un royaume appelé Mitanni dans le nord de la Syrie (article wikipédia en Anglais et en Français sur le Mitanni - royaume qui fût le plus puissant du proche-orient entre 1450 avant J.C. et 1350 avant J.C. - et sur la présence d’une superstrate apparemment Indo-aryenne (Anglais et Français) – les premières traces écrites d’Indo-iranien sont en effet trouvées hors de sa zone actuelle) parlant une langue Hourienne (on suppose que l’origine de cette langue non-indo-européenne était dans les montagnes de l’Arménie où le Caucase) , liée à l’usage des chevaux et du char (Quelques éléments d’informations sur wikipédia, en Anglais, sur les Indo-iraniens et les chars), toutes choses apparemment utilisées en premier dans la région du nord de l’Asie centrale et en Russie méridionale non loin du Kazakhstan (comme à Sintashta (court article wikipédia et quelques infos générales en Anglais) ou Saratov (article en Anglais)), renforce la présomption d’une présence originelle de l’Indo-Iranien dans ces régions de la steppe Eurasienne.

    Le fait que le mot pour le cheval dans les langues anciennes de l’Asie du sud-ouest a l’air dérivé de l’Indo-iranien asva (exemple : Ougaritique ssw, Hourrien essi, Akkadien sissu, etc… visblement un emprunt à la racine indo-européenne (*ekwos) mais à partir d’une langue satem (le ‘ k ‘ devient un ‘ s ‘) et non centum), y compris dans une langue comme le Hittite (azu(wa)) semble confirmer la possibilité que des Indo-iraniens issus de la steppe ont put répandre l’usage du cheval monté et du char en Asie de l’ouest durant l’âge du bronze.

    Rapprochons tout cela du fait que Zarathoustra, le sage Perse, et l’Avesta localisaient le lieu d’origine des Aryens (Aryanem Vaejah) en Asie centrale, selon certains historiens, et les morceaux du puzzle semblent se mettre en place parfaitement.

    (extrait de l’ouvrage de l’archéologue John Boardman « The Cambridge ancient history », en Anglais évoquant brièvement l’Aryanem Vaejah, en tant que lieu en Asie centrale).

    Pour d’autres, les mots de Zarathoustra font référence à une origine bien plus ancienne, et plus au nord. Jugez-vous même :

    « Ahura Mazda dit à Spitama Zarathushtra : J’ai fait chaque terre chère (à son peuple) bien qu’elles n’aient aucune sorte de charme : Ne l’aurais-je point fait, tout le monde vivant aurait envahit l’Airyana Vaeja (*).

    Le premier des bons pays et des bonnes terres, que moi, Ahura Mazda, ai créé, était l’Airyana Vaeja, par le Vanguhi Daitya [ndr : fleuve souvent identifié comme l'Oxus pour les tenants d'une origine en Asie Centrale].

    Sur ce, vint Angra Manyu, qui n’est que mort, et il créa à son tour le serpent dans la rivière et l’hiver, oeuvre des Daevas [ndr : démons dans la tradition Perse antique]. Là, il y a dix mois d’hiver et deux mois d’été et ceux-ci sont froids pour les eaux, froids pour la terre et froids pour les arbres. L’hiver tombe là-bas comme le pire des fléaux. »

    (*) Aryanem Vaejah (où Eran-Vej) : littéralement, la graine des Aryens, et donc la source des Aryens (A noter que la signification littérale de Vaeja n’est pas totalement sûre).

    Le serpent dans la rivière rappelle le serpent (où dragon) commun à toutes les mythologies Indo-européennes. La description d’un hiver de dix mois rappelle plus un climat boréal qu’autre chose, il faut l’avouer. C’est sur cette base (et d’autres références mythologiques Indo-européennes) que certaines personnes ont imaginé une origine originellement très septentrionale de ces populations (parmi elle, Bal Gangadhar Tilak, nationaliste Indien auteur de « Arctic Home in the Vedas » (1903), qui proposa une origine arctique à la fin de la période glaciaire, pour les Aryas).

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    Comme je l’ai signalé dans l’article principal, des momies europoïdes datant de l’époque pré-Turco-Mongole ont été trouvées dans l’ouest de la Chine (Xinjiang) et dans l’Altaï, région montagneuse bordant la Mongolie. Aujourd’hui encore le pourcentage de l’haplogroupe ADN-Y R1a1a dans la population de l’Altaï est relativement importante (source en Anglais : recherchez les présences du mot « altaians« , en particulier la dernière qui concerne les haplogroupes masculins et donc R1a | voir aussi « Origin of Caucasoid-Specific Mitochondrial DNA Lineages in the Ethnic Groups of the Altai–Sayan Region (Derenko et al. 2002)« ). Dans la population Mongole, on retrouve aussi des haplogroupes Europoïdes en petite quantité (plus fréquemment vers l’ouest et l’Altaï) (source en Anglais).

    Cette petite présence Europoïde en Mongolie est aussi illustrée par l’ADN ancien, comme dans cette étude « A western Eurasian male is found in 2000-year-old elite Xiongnu cemetery in Northeast Mongolia » (source en Anglais) :

    « Nous avons analysé l’ADN mitochondrial (ADNmt), les single nucleotide polymorphisms du chromosome Y (Y-SNP) et les short tandem repeats (STR) autosomiques de trois squelettes trouvés dans un cimetière de l’élite Xiongnu d’il y a 2000 ans à Duurlig Nars dans le nord-est de la Mongolie. [...]. Les analyses ADN ont révélées qu’un des sujets était le squelette d’un homme dont la lignée maternelle était de l’haplogroupe ADNmt U2e1 [ndr : U2e est un sous-groupe Européen de l'haplogroupe U2 (Les autres sous-groupes de U2 ne sont pas trouvés en Europe), un haplogroupe Eurasien ancien (par exemple, un individu de plus de 30000 ans trouvé dans le sud de la Russie sur le site de Kostenki était U2)] et dont la lignée paternelle était l’haplogroupe ADN-Y R1a1. Ceci est la première preuve génétique qu’un homme d’une lignée clairement indo-européenne (R1a1) était présent dans les Xiongnu de Mongolie. »

    Une autre étude, « Molecular genetic analysis of Wanggu remains, inner Mongolia, China » (Yuqin Fu et al. 2006) (source en Anglais), mentionne aussi la présence d’haplogroupes ouest-Eurasiens dans un ancien peuple de la région :

    Récemment nous avons découvert des restes humains de la tribu Wanggu dans le cimetière de Chengbozi , de la bannière [ndr : c'est-à-dire "comté"] de Siziwang de Mongolie Intérieure, en Chine. [...] Nos résultats montrent que la structure génétique de la période  Jin-Yuan est constituée d’une lignée maternelle complexe, provenant de populations Asiatiques et Européennes.

    Les ossements anciens de la région de l’Altaï confirment que le type Asiatique n’a pas toujours été le type habituel de cette région voisine de la Mongolie :

    « Selon les données paléoanthropologiques, la population de type « Caucasien » (de par ses caractéristiques morphologiques) prédominait dans les steppes de la région de l’Altaï-saïan durant le néolithique [ndr: ici apparemment durant le Chalcolithique], l’âge du bronze et partiellement les débuts de l’âge du fer. A cette époque, le type Mongoloïde n’était observé que dans quelques cas. Cependant, avec le début de l’âge du fer, la présence de ce composant a augmenté jusqu’à devenir prédominant aujourd’hui. »

    (extrait de l’étude « Origin of Caucasoid-Specific Mitochondrial DNA Lineages in the Ethnic Groups of the Altai–Sayan Region » (Derenko et al. 2002) – [source en Anglais] )

    Ou encore :

    « Durant cette période [ndr : il s'agit là de la période néolithique / chalcolithique] des groupes Europoïdes s’installèrent sur le plateau de l’Altaï-saïan; le type anthropologique de ces populations, qui laissèrent les vestiges des cultures Afanasevo et Andronovo, ne fait aucun doute.

    Les groupes Europoïdes occupèrent les steppes de l’Altaï-saïan et du kraï de Minusinsk alors que la ceinture forestière de l’extrême est à l’extrême ouest de la Sibérie continua d’être occupé par le type Mongoloïde. La limite entre ces populations n’a été en aucun cas permanente. A partir des steppes de l’Altaï-saïan, les populations Europoïdes semblent avoir migrées jusque fort loin dans l’est. Les populations néolithiques à l’ouest du lac Baïkal [ndr: au nord de la Mongolie], en particulier, montre des signes de mélange avec des populations Europoïdes. De leur côté, les éléments Mongoloïdes ont pénétrés les régions de la steppe.

    A partir de là, la proportion des divers types Mongoloïdes dans la population du sud-ouest de la Sibérie n’a cessé d’augmenter. C’était en particulier le cas lors de la période Tashtyk [article wikipédia en Anglais sur la culture de Tashtyk]. A la fin du premier et au début du second millénaire après J.C., sur le plateau de l’Altaï-saïan aussi, les groupes de type mongoloïde ont presque complètement remplacé l’ancienne population Europoïde. «

    (M. G. Levin, « The Anthropological Types of Siberia » in The Peoples of Siberia, ed. M. G. Levin and L. P. Potapov, The University of Chicago Press, 1964  -  Page 99)

    A noter que certains témoignages prétendent que Gengis Khan était roux.

    Aucun portrait exact de Gengis Khan n’existe aujourd’hui et les dépictions toujours existantes sont supposées être des interprétations artistiques. L’historien Perse Rashid al-Din a écrit dans ses Chroniques que le clan Borjigid d’où était issu Gengis avait une légende à propos de leur origine. Selon lui, cela débutait par la rencontre d’ Alan-Qoa (parfois Alan Goa ou Alan-ko), ancêtre mythique des Mongols, et un homme étranger à leur terre, un homme « étincelant ». Cet homme « étincelant », était grand, roux, avec une longue barbe et des yeux verts. Rashid al-Din a aussi décrit la première rencontre de Gengis et de Kubilai et le fait que Gengis avait été surpris de constater que Kubilai n’avait pas hérité de ses cheveux roux (source en anglais).

    Il est aussi intéressant de noter qu’une étude sur le bétail d’Eurasie a révélé que le bétail Mongol était partiellement issu d’un mélange entre du bétail Asiatique et Européen (source en Anglais), ce qui rappelle d’autres résultats sur du bétail Asiatique, mentionné plus bas dans cette page. Dans ce contexte il est aussi intéressant de noter la ressemblance entre le Turc öküz (boeuf) et le Tokharien B okso du même sens (à rapprocher de l’Anglais ox et du Sanskrit ukṣán).

    Petite fille Mongole

    Petite fille Mongole blonde aux yeux bleus avec une peau très pâle.

     

    Petites Mongoles avec des cheveux clairs

    Petites Mongoles avec des cheveux clairs et souples

     

    Petite Mongole Oirat, peupleoriginaire de l'ouest de la Mongolie et de l'ouest de la Chine

    Petite Mongole Oirat, peuple originaire de l’ouest de la Mongolie et de l’ouest de la Chine

     

    Mongol Oirat. Cette ethnie est présente en Mongolie, en Russie et en Chine.

    Mongol Oirat. Cette ethnie est présente en Mongolie, en Russie et en Chine.

     

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    Dans certaines régions d’Asie, les phénotypes proche des phénotypes Européens ne sont pas si rares. Il n’est pas dur d’imaginer que dans le mélange de gènes locales, se retrouvent aussi des gènes europoïdes.

    Petite Tadjik

    Petite Tadjik

     

    Jeunes filles Tadjiks, Kashgar, Xinjiang

    Jeunes filles Tadjiks, Kashgar, Xinjiang

     

    Petit garçon Afghan

    Petit garçon Afghan

     

    АФГАНЕЦ

    Homme Afghan Pachtoune aux yeux bleus

     

    Réfugiés Afghans

    Afghans aux yeux clairs

     

    Enfants du Corridor de Wakhan, Badakshan, Afghanistan

    Enfants du Corridor de Wakhan, Badakshan, Afghanistan

     

    Enfants Afghans d'une école du panjshir

    Enfants Afghans d’une école du panjshir

     


    2a.  Certains Indiens prétendent que les Indiens ayant des caractéristiques de blancs descendent des Kushans, un peuple issu du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine ayant conquis entre autre le nord-ouest de l’Inde (mais aussi l’Afghanistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan), et que cela n’aurait rien à voir avec les anciens Aryens. N’est-ce pas une explication plausible ?

    Eh bien, je ne vois pas vraiment ce que cela change, en fait. Les Kushans (originellement une tribu parmi les Yuezhis) étaient un peuple Indo-européen (apparemment issu des Tokhariens).
    Nous avons là un peuple Asiatique Indo-européen ayant pour caractéristiques d’avoir des peaux pâles, des yeux clairs et parfois des cheveux blonds. Comment l’expliquer ? Idem avec l’invasion Saka débouchant sur la création des royaumes Indo-scythes vers -200 dans le nord-ouest de l’Inde.

    Et les Kushans (ou les Sakas) ne devaient pas être tellement nombreux comparés aux populations qu’ils ont soumis (l’Inde par exemple avaient déjà une population très importante par rapport aux standards mondiaux de l’époque) donc l’impact sur les populations locales n’a pas dû être énorme.

    L'actrice indienne aishwarya RaiL’actrice Indienne Aishwarya Rai

     

    2b.  Des Indiens prétendent que l’haplogroupe R1a1a est originaire d’Inde, et que les Indo-européens seraient partis de l’Inde à la conquête de l’Eurasie.

    Une chose est sûre, il y avait des R1a1a Europoïdes à la sortie du néolithique, et on les trouvait jusque profondément en Asie.

    Comme dit plus haut (dans la section 1b), une origine lointaine des R1a1a en Asie du sud durant le paléolithique ne remettrait de toute façon pas en cause la théorie des kourganes, et la possibilité d’une indo-européanisation de l’Asie du sud durant l’âge du bronze par des populations largement Europoïdes porteuses de l’haplogroupe R1a1a (identifiant, je le rappelle, une lignée humaine masculine trouvée de l’Islande à l’est de l’Inde), hypothèse que suggèrent aussi d’autres données génétiques (aussi évoquées dans la section 1b).

    Jeune femme Indienne de type Dravidien

    Jeune femme Indienne de type Dravidien

     


    Certaines phrases du RigVeda (texte sacré le plus ancien de l’Hindouisme) sont interprétables d’un point de vue ethnique bien que cela soit souvent contesté. Dans ce texte, les ennemis des Arya, les Dasa (aussi nommés dasyu et pani) se voient parfois accolés l’adjectif krsna, signifant noir, sombre. A trois reprise le terme littéral de peau (tvac) noire (krsna ou ashikni) est utilisé, et ce de façon péjorative, comme par exemple dans le Mandala IX, hymne 73 :

    5. « Soufflant avec une puissance surnaturelle, de la terre et des cieux, les peaux sombres qu’Indra hait » (source en Anglais)

    A quoi l’on peut opposer cette phrase du Mandala I, hymne 100 :

    18. « Le puissant (dieu) tonnant (ndr : c’est-à-dire Indra), avec ses amis à la peau claire ont gagné la terre, la lumière du soleil et les eaux » (source en Anglais)

    Ce texte contient ainsi plusieurs références de ce type (comme encore par exemple « [...] Chassant les peaux noires au loin » (IX, 41, 1 (source en Anglais)) ou « Il frappa les Dasyu et donna protection à la couleur Aryenne » (III, 34, 9 (source en Anglais)))

    (Traduction en Français à partir de la traduction en Anglais de Ralph T.H. Griffith)

    Au vu du phénotype Indien le plus typique, on pourrait s’étonner que la peau foncée soit si défavorablement connotée si les Aryas du RigVeda étaient une population autochtone typiquement Indienne.

    Il est à noter que même si l’on n’a pas actuellement de preuves archéologiques indiscutables d’une invasion Indo-européenne en Inde, on n’a encore bien moins de preuves d’une migration/invasion Indo-européenne qui serait PARTIE de l’Inde. Il n’en reste pas moins que là aussi il existe des indices concordant quant à la provenance des peuples Indo-iraniens originels.

    De nombreux indices pointent vers les cultures de type Andronovo que l’on voit s’étendre vers le sud, comme source originelle, puis l’on voit l’apparition d’indices culturels Indo-iraniens dans les cités du sud de l’Asie centrale et l’on voit aussi l’apparition d’éléments rappelant la culture Andronovo et des pratiques d’inhumations qui pourraient ressembler à celles décrites dans le RigVeda , dans une culture dite des tombes du Gandhara dans la vallée du Swat, au nord du Pakistan apparaissant vers -1800 (un élément tel que l’apparition du cheval dans ces régions d’Asie du sud, jusque-là absent, est aussi clairement à mettre au crédit des Indo-iraniens) :

    « C’est dans la zone des complexes urbains de l’Asie centrale que se trouvent les indices archéologiques les plus nets des origines Indo-iraniennes historiquement attestées. Le complexe archéologique BMAC [ndr : complexe archéologique Bactro-margien], délimité récemment, comprend une série de sites fortifiés, datant de 2000 à 1500 avant J. C., qui se trouvaient chacun dans l’oasis de leur région. Ces sites témoignent d’usages rituels qui préfigurent les pratiques des Iraniens et des Indo-aryens ultérieurement attestés. A Togolov 21, par exemple, Viktor Sariadini a découvert un complexe rituel entier destiné à la fabrication de breuvages hallucinogènes à partir d’Ephedra et de chanvre ; or ces boissons sont attestées dans le RigVeda (Soma) et l’Avesta (Haoma). Notons aussi la présence dans ces sites d’un « culte du feu », ainsi que de divinités qui se retrouvent dans la religion Indo-iranienne. Cette série de sites est une pièce importante du dossier des origines des Indo-aryens, car des archéologues Français, comme Jean-François Jarrige, ont découvert le rituel funéraire et le matériel archéologique du BMAC au Balouchistan (région du Pakistan), à Mehrgarh, qui date de la phase finale de la civilisation de la vallée de l’Indus. Il y a donc des signes très nets d’une propagation vers le sud, vers l’Indus, d’éléments culturels provenant de l’Asie centrale. Le chercheur Finlandais Asko Parpola a tenté d’en construire un modèle interprétatif global : il postule une série de mouvements de population vers le sud à partir de la zone steppique et à travers la Bactriane et la Margiane, qu’il fait correspondre aux différentes vagues de migrations Indo-aryennes vers le sous-continent Indien. Il faut bien admettre le caractère spéculatif de beaucoup de ses arguments, mais ils sont troublants : selon lui, par exemple, c’est en Asie centrale que s’est déroulé le conflit des Arya et des Dasa que raconte le RigVeda, car dans cette région au moins on peut trouver des vestiges de forts qui correspondent aux descriptions Védiques. «

    « A la recherche des Indo-européens. Langue, archéologie, mythe », J. P. Mallory, P. 259

    Anatole Klyosov, dans un article de fin décembre 2008 (article en Anglais), prétend que « Les haplotypes Indiens de R1a1 actuels sont pratiquement indistinguables des Haplotypes de R1a1 de Russie, d’Ukraine, d’Asie centrale aussi bien que beaucoup de ceux d’Europe centrale et de l’ouest » ce qui tend à confirmer une origine « récente » (comme par exemple durant l’âge du bronze) de la dispersion de cet haplogroupe en Eurasie, ce qui, avec les éléments fournis dans cette page implique une origine à l’est de l’Europe (d’une manière générale, de l’ouest de l’Eurasie). Klyosov a aussi précisé ailleurs que certains haplotypes R1a1 du sud de l’Inde (une minorité sur l’ensemble des haplotypes R1a1 Indiens) sont différents et semblent plus anciens (et donc non-rattachables à la migration/invasion Indo-européenne supposée de l’âge du bronze), mais venus aussi d’hors de l’Inde, d’après lui.

    Théorie des Kourganes : toujours actuellement la plus suivie par les spécilistes

    La théorie d’une éthnogénèse Indo-iranienne dans le nord de l’Asie centrale supposant une migration de cette région vers l’Asie du sud pour expliquer la présence des langues Indo-iraniennes (langues de la famille linguistique Indo-européenne) en cet endroit, est toujours à ce jour la plus populaire parmi les spécialistes.

     

    Il est très probable que l’haplogroupe R1, ancêtre des R1a et R1b, n’est pas apparu en Europe mais peut-être dans l’ouest de l’Asie centrale ou dans le nord-ouest de l’Asie du sud (ou éventuellement en Asie de l’ouest (sans doute même les R1b typiques de l’Europe de l’ouest)), mais tout cela reste théorique, rien n’est totalement sûr pour le moment (certains verraient bien l’apparition de R1b en Europe (en particulier, les Balkans – bien que cet haplogroupe soit peu fréquent dans cette partie de l’Europe – semblent avoir un pourcentage important, parmi leurs R1b, d’un type de R1b1b2 ancestral, en quantité même plus importante que l’Anatolie et les régions contigües (et d’une manière générale le sud-ouest de l’Asie) pourtant en général considérée comme le probable berceau de cet haplogroupe. L’anatolie (Turquie) possède apparemment en bien plus grande proportion un type de R1b1b2 un peu plus récent) et d’autres considèrent que R1a est apparu dans l’est de l’Europe. Certains éléments imposent en effet de ne pas écarter totalement ces possibilités, même si elles ne semblent pas les plus vraisemblables pour le moment).

    L’haplogroupe R1 serait probablement apparu il y a entre 30000 et 25000 ans (une autre estimation donne 26800 ans pour l’haplogroupe R) peut-être autour de 15000 ans pour R1a et peut-être environ 18500 ans pour l’haplogroupe R1b (leurs sous-groupes, comme R1a1a, sont bien sûr plus récents). A noter que les méthodes de datation des mutations définissant les haplogroupes, sont discutées et ne font pas l’unanimité. Les dates proposées sont donc à prendre avec des pincettes pour le moment.

    L’haplogroupe I (autre haplogroupe ADN-Y typique de populations Européennes) , lui, pourrait être apparu en Europe il y a entre 25000 et 30000 ans (mais il pourrait aussi être apparu dans un endroit assez proche mais en dehors de l’Europe).

    Enfant Afghan. La présence d'haplogroupes fréquents en Europe et l'aspect tès Europoïde de certains Asiatiques semblent corroborer la thèse des Kourganes de Marija Gimbutas.

    Enfant Afghan. La présence d’haplogroupes fréquents en Europe et l’aspect très Europoïde de certains Asiatiques semblent corroborer une origine europoïde des Indo-européens originels.

     


    3.  Les Kalashas du Nuristan et du Chitral prétendent être les descendants de l’armée d’Alexandre le grand. Ne serait-ce pas là l’explication de leur aspect parfois Européen ?

    Il est tout à fait possible que des éléments de l’armée d’Alexandre le grand se soient joints à ce peuple. On peut d’autant plus l’imaginer que le fait qu’ils étaient Indo-européens et pratiquaient une religion relativement proche aurait pu faciliter les choses.
    Mais je pense que ce n’est pas, dans l’ensemble, l’explication du phénotype des Kalashas.
    Il est dit que leur culture descend des pratiques de l’ancienne Grèce, mais en réalité leurs traditions sont plus proches des traditions Védiques de l’Inde ancienne et des traditions pré-Zoroastriennes Perses de l’Iran antique. Et leur langue est une langue Indo-européenne apparentée aux langues de l’Inde, ce n’est pas une évolution de la langue Grecque de l’antiquité.
    Si des Grecs s’étaient installés en masse et imposés à ce point sur la population de ces vallées, au point d’imposer leur culture et leurs croyances, comment se fait-il que leur langue ne soit pas issue du Grec ?

    De plus, ces soldats Grecs laissant derrière eux autant de blonds aux yeux bleus parmi les Kalashas de l’Afghanistan et leurs voisins du Chitral, je suis un peu sceptique, je l’admets.

    Les tests génétiques fait sur les populations du Pakistan, excluent un apport important Grec dans les populations Kalash et Burusho. Quelques traces ont été trouvées chez les Pachtounes du Pakistan mais cela reste infime.

    Jeune fille Kalash

    Jeune fille Kalasha du Chitral

     

    Enfants Kalash

    Enfants Kalashas (Nuristan, Afghanistan)

     

    Et de plus nous voyons bien que les phénotypes Européens en Asie s’étendent au-delà de cette région, et recouvrent des régions où Alexandre et ses soldats ne sont pas allés.
    Et l’on a en plus des traces de peuples Europoïdes datant d’avant la venue d’Alexandre le grand, dans des régions qu’il n’a jamais atteint (momies du Xinjiang et de l’Altaï).

    Momie de femme de type Européen (Urumqi, Xinjiang)Momie de femme de type Européen (Urumqi, Xinjiang) 
    Fuseaux trouvés avec des momies du Xinjiang dont le motif ressemble à une Swastika

    Fuseaux trouvés avec des momies du Xinjiang dont le motif ressemble à une Swastika

     

    Une autre légende des Kalash prétend qu’ils sont venus du Xinjiang (de Tsiam supposé être près de Yarkand) – donc sans doute issus des Kushans un autre peuple Indo-européen qui habitait cette région de Chine – mais là encore le doute est permis car les chroniqueurs d’Alexandre le grand font état de sa rencontre, en Asie, avec un peuple parlant une langue que les Grecs pouvaient comprendre (il faut bien sûr comprendre qu’il s’agissait d’une langue Indo-européenne donc avec des similarités avec la langue des Grecs) et qui leur ressemblaient physiquement. On peut donc conclure que ces peuples étaient présent AVANT l’arrivée d’Alexandre dans ces régions et AVANT l’arrivée des Kushans qui ont conquis ces régions plusieurs siècles après la venue d’Alexandre le grand (l’empire Kushan a existé à peu près de 60 après J.C. à 300 après J.C.).

    Petit Afghan blond. Les soldats Grecs d'Alexandre pour expliquer les phénotypes Européens d'Asie ? Très peu probable.

    Petit Afghan blond. Les soldats Grecs d’Alexandre pour expliquer les phénotypes Européens d’Asie ? Très peu probable.

     

    Les Kalashs ont semble-t-il une proportion moins importante d’haplogroupes Europoïdes relevés que l’ont pourrait l’imaginer d’après l’aspect physique de nombre d’entre eux (mais les haplogroupes que l’on peut sans doute relier aux Indo-européens tels que l’haplogroupe ADN-Y R1a1 sont bel et bien présents en quantité malgré tout non négligeable).

    Petite Kalash

    Petite Kalash du nord du Pakistan

     

    Deux femmes kalash

    Deux jeunes filles Kalash

     


    4. Il est marqué sur ce blog que les migrants Europoïdes du Xinjiang auraient pu apporter
    des éléments technologiques et culturels à la civilisation Chinoise à ses débuts.
    Qu’est-ce qui autorise à penser cela ?

    Ce sont les propos de Victor Mair, Professeur de l’université de Pennsylvannie (PhD (c’est-à-dire doctorat) obtenu à Harvard), l’homme a qui l’on doit la redécouverte de ces momies en Occident.
    Et cela reste purement des suppositions. Rien ne permet actuellement de l’affirmer même si certains éléments peuvent faire penser qu’au moins la domestication du cheval, le char (voire la roue) et le bronze ont pu être éventuellement apportés de l’ouest (concernant la technologie du bronze, voici un article en Anglais évoquant la présence du bronze dans le nord-ouest de la Chine dans une période de temps correspondant au premières momies du Xinjiang (parmi ces premières momies du Bassin du Tarim (Xinjiang), des couteaux en bronze ont d’ailleurs été trouvées).
    Les momies du bassin du Tarim semblaient relativement avancées pour leur époque, c’est un fait. Leur proximité avec la Chine amène à envisager cette possibilité.

    Représentation de moines Bouddhistes sur une fresque du 9ème siècle, de l'est du bassin du Tarim (Xinjiang). Le personnage de gauche étant vraissemblablement Tokharien.

    Représentation de moines Bouddhistes sur une fresque du 9ème siècle, de l’est du bassin du Tarim (Xinjiang). Le personnage de gauche était vraisemblablement Tokharien.

     

    Même la possibilité d’une origine Européenne de l’acuponcture est a envisager.
    Les raisons ?
    Les premières traces de l’acuponcture en Chine pourraient dater d’il y a environ 3000 ans.
    Les premières preuves incontestables de cette pratique sont trouvées dans un traité de médecine datant sans doute d’entre -305 et -204, le « Classique interne de l’empereur Jaune » (Huangdi Neijing).
    A noter que pour certains, l’on peut retrouver une influence Tokharienne dans le mythe de Huangdi « L’empereur jaune« , souverain mythique et civilisateur Chinois.

    Mais voilà, en examinant minutieusement ötzi, la célèbre momie trouvée dans un glacier entre l’Italie et l’Autriche, datant de 5300 ans (-3300), c’est-à-dire d’il y a 53 siècles, on s’est aperçu que bon nombre de ses tatouages (57 en tout sur son corps) ne semblaient pas purement décoratifs. D’ailleurs certains sont dans des zones qui semblent indiquer qu’ils n’étaient pas destinés à être vus.

    Les chercheurs pensent que le tatouage en forme de croix sur son genou, et un autre sur sa cheville gauche, font aussi penser a des « points déclencheurs » dans l’acuponcture.

    Ce qui renforce leur argumentation est le fait que les marques faites à la suie, sont localisés sur des parties du corps de la momie qui ne sont pas des emplacements typiques de tatouages décoratifs, diminuant la notion qu’ils avaient une fonction plus décorative et ornementale.
    Avant cela les recherches avaient montrées qu’ötzi souffrait de maux qui auraient pu bénéficier d’un traitement d’acuponcture. Ces maux incluaient des problèmes de dos, une dégénérescence de la hanche, des genoux et des chevilles et de sévères désordres abdominaux, principalement causés par le Trichuris trichiura, un parasite intestinal qui peut causer des diarrhées.

    Frank Bahr, président de l’Académie Allemande d’Acuponcture, est le premier à avoir fait la connexion entre les tatouages d’ötzi et l’acuponcture, après avoir étudié le dessin des tatouages et leur emplacement sur le corps de la momie.
    Bahr a confié à Discovery News, « La chose la plus intéressante à propos de toute cette histoire, c’est que même aujourd’hui je traiterais un patient avec a peu près 90 % des mêmes points que les tatouages d’ötzi, si ce patient avait les mêmes troubles. »

    Article de discovery News, d’où est tiré cet extrait (en Anglais)

    Tatouages sur la peau d'ötzi

    Tatouages sur la peau d’ötzi (on peut aussi remarquer que ces tatouages ressemblent étrangement aux symboles du Yi King (ou Yi Jing), les trigrammes)

     

    Symboles du Yi JingSymboles du Yi King, méthode de divination dont l’existence en Chine, remonte au premier millénaire avant J. C (La première version du texte du Yi King date apparemment d’entre -300 et -200).

     

    Avec la découverte de momies de type Europoïde dans le nord-ouest de la Chine présent durant la période de  l’âge du bronze (et de tartans datant apparemment d’avant l’âge du fer, rappelant les Celtes (peuple dont, étrangement, le foyer originel est en général justement supposé être grosso modo dans la région de l’Autriche) et faits avec une technique rappelant des étoffes trouvées en Autriche à une époque similaire (voir par exemple cette page (en Anglais))),  l’hypothèse n’est pas à rejeter a priori, aussi étrange qu’elle puisse paraître à première vue.

    Bien sûr, d’autres hypothèses restent malgré tout possibles à envisager (Des traces infimes de signatures génétiques est-asiatiques sont trouvées dans certaines régions d’Europe, en dehors des signatures génétiques d’origines est-asiatiques trouvées parmi les populations actuellement – où anciennement – Finno-ougriennes (dans ce cas il s’agit des haplogroupes ADN-Y N1c et des haplogroupes ADNmt Z1 et D5), y compris dans l’ADN ancien – au moins dans un cas connu (un haplotype ADNmt N9a a été trouvé dans un squelette de plusieurs milliers d’années du sud-est de la Hongrie appartenant à la culture néolithique de Körös (L’haplogroupe ADNmt N9a est trouvé dans l’est de l’Asie comme par exemple au Japon ) et bien qu’extrêmement rare, cela ne peut être totalement ignoré).

    ——

     


    Aussi d’intérêt, des études génétiques (faites en 2000 et 2006) sur la population ancienne de Linzi (*) dans la province du Shandong (nord-est de la Chine, situé au bord de la mer Jaune), sont arrivées à la conclusion que les couches les plus anciennes de la population testées (vers -500), étaient plus proches des Eurasiens de l’ouest (et Européens) que des Eurasiens de l’est (est-asiatiques).

    (*) Linzi était  la capitale de l’ancien état de Qi durant la période des printemps et des automnes (-722; -481) et la période des royaumes combattants (-476; -221) de l’époque de la dynastie Zhou.

    Province de Shandong, Chine

    Province de Shandong, Chine

     

    Etude scientifique en Anglais sur le sujet : Genetic Structure of a 2,500-Year-Old Human Population in China and Its Spatiotemporal Changes

    « Allant à l’encontre de la distribution géographique (actuelle), la population de Linzi d’il y a 2500 ans, montrait une plus grande similarité avec les populations Européennes d’aujourd’hui qu’avec les populations est-asiatiques actuelles. La population de Linzi d’il y a 2000 ans avait des caractéristiques intermédiaire entre la population d’il y a 2500 ans et la population est-asiatique d’aujourd’hui.

    Ces relations suggèrent l’occurrence d’un changement spatio-temporel drastique dans la  structure de la population Chinoise durant ces derniers 2500 ans. »


    Conclusions confirmées par une étude d’août 2006 (en Anglais) : Reanalysis of Eurasian Population History: Ancient DNA Evidence of Population Affinities

    « Les résultats suggèrent qu’il y a effectivement de nettes différences dans les affinités génétiques entre les anciennes populations de Linzi dans le nord de la Chine et Egyin Gol en Mongolie.
    Les éléments de Linzi semblent avoir une plus forte affinité avec le proche orient et les Européens qu’avec les populations actuelles du nord de la Chine, bien qu’il y ait clairement un composant est- et/où sud-est-Asiatique dans l’ancienne population de Linzi aussi (comme mis en évidences dans les haplogroupes). Nous suggèrerions que plutôt qu’une population « Européenne » dans l’ancienne région de Linzi, ces éléments puissent être au moins partiellement apparentés aux Indo-iraniens [...], qui étaient, durant cette période ou au moins encore peu avant probablement habitant les zones des environs de l’Asie centrale. Plus précisément apparentés au Karsuk ou au Saka (Scythes de l’asie centrale) et aussi de manière plus distante aux cultures Andronovo, Afanasievo, Scythes, Sarmates (peuples Scythes de l’ouest de l’eurasie et d’europe) ou même aux Sogdiens.

    [...]

    Bien que spéculative, cet ligne de raisonnement s’insère bien avec d’autres faisceaux d’indices venant de l’archéologie et de la linguistique, concernant les changements mentionnés précédemment dans la culture de l’âge du bronze – les mots empruntés à d’autres langues en vieux Chinois (Pulleyblank 1996; Kuzmina 1998; Beckwith 2002; Di Cosmo 2002) et sur des sites possibles tels que Zhukaigou et la culture Qijia (Linduff 1995) – aussi bien que la preuve d’Indo-iraniens sur la steppe et possiblement dans la région de l’Altaï à cette époque [ndr : de nombreux éléments semblent le prouver].

    La suggestion que des populations Européennes puissent avoir été en Chine du nord à cette époque entre en conflit avec la preuve générale des mouvement de population sur la steppe, qui voit le mouvement graduel des supposés Indo-iraniens et Indo-aryens [ndr : nous avons vu plus haut que ce n'est en rien contradictoire et que c'est même plutôt logique] à travers la steppe et les zones associées dans le second et premier millénaire avant J.C.

    [...].

    Il y a des preuves de leur habitation dans les steppes Mongoles [voir Askarov (1992)] aussi bien que du xinjiang (comme à Khotan) et possiblement de la région de l’Altaï (aussi les Tokhariens, bien qu’ils ne soient pas du groupe Indo-iranien des langues indo-européennes). »



    Il est aussi sans doute intéressant de remarquer que les mots pour « bétail » et « vache » dans des dialectes Japonais et en Aïnou (ethnie autochtone du nord du Japon), respectivement « beko » et « peko » (source en Anglais), sont très similaires a la racine Indo-européenne *peku (latin pecus, gotique faihu, sanskrit pasu, etc…) pour désigner le bétail.
    Les tests génétiques sur les vaches Japonaises montrent que celles-ci semblent en partie dérivées du bétail Européen : « Contrairement à l’Afrique, la moitié des séquences de bétail Japonais sont topologiquement mélangées avec des variantes européennes. Ceci suggère un échange de variantes qui pourrait être ancien, peut-être dû à la première introduction des espèces domestiques dans l’est de l’Asie » (source en Anglais : « Mitochondrial DNA variation and evolution of Japanese black cattle (Bos taurus)« ).

    Peut-être faut-il rattacher tout cela à l’arrivée de la population à l’origine de la culture Yayoi au Japon (qui selon une des théories aurait  apparemment pu venir du Jiangsu, zone côtière Chinoise juste au sud du Shandong (Article wikipédia en Anglais sur la culture Yayoi et ses origines supposées) vers -300 (les dates envisagées vont jusque vers -900 pour leur arrivée)).

    Cependant, le sud-est de la Sibérie est aussi envisagé comme source de la deuxième ancienne vague majeure de population migrant au Japon, via la Corée (un certain nombre d’haplogroupes Japonais semblent corroborer cette hypothèse et la configuration géographique rend celle-ci plus logique). La langue Japonaise est parfois rattachée à la famille linguistique Altaïque (restant hypothétique), avec les langues Turques, Mongoles, Toungouses et Koréennes. Notons dans cette perspective que des tests sur les Udeges (où Oudegeï – infos en Anglais), un peuple du sud-est de la Sibérie (vivant dans le Kraï du Primorie et le Kraï de Khabarovsk) ont révélés dans les 28 échantillons prélevés, un nombre assez important d’haplogroupes ADNmt (lignées féminines) ouest-Eurasiens/Europoïdes (Haplogroupes ADNmt H, H5, H11a (3 échantillons), T2 et U2e) [source en Anglais] pouvant tout aussi bien marquer la présence ancienne de pasteurs Indo-européens (que l’on peut imaginer, à la base, reliés à la culture d’Afanasevo) dans le voisinage des populations ancestrales ayant par la suite migrées au Japon.

    Tous les éléments précédents pourraient donc conforter la théorie supposant la venue de peuples pasteurs Indo-européens très profondément en Asie, introduisant peut-être la pratique de l’élevage de bétail dans ces régions, pratique reprise ensuite par leurs voisins.

    A tout cela l’on peut rajouter aussi ces commentaires de l’étude mentionnée plus haut, « Unravelling migrations in the steppe: mitochondrial DNA sequences from ancient central Asians » (Lalueza-fox et al 2004)  :

    « Les analyses de séquences ADNmt Han actuelles [ndr : les Hans sont l'ethnie Chinoise majoritaire en Chine] de différentes régions de Chine détectent une très résiduelle présence (moins de 5%) d’haplotypes « Européens » dans quelques régions.

    Ces régions inclues le Qinghai (région à l’est du Xinjiang et du Tibet) et le Yunnan [ndr : au sud de la Chine] ainsi que dans quelques régions côtières (Yao et al. 2002). »

    Trois triskels

    De fait, cette objet trouvé sur le site de Jinsha dans le Sichuan (Chine, région entre le Qinghai et le Yunnan) est une vision familière qui rappelle des motifs (triskels) fréquemment trouvés à l’ouest de l’Eurasie. Peut-être faut-il y voir la trace d’une migration venue de l’ouest.

     

    Rappellons aussi que les Ouïghours, l’ethnie principale du Xinjiang, n’ont environ que 40 % d’haplogroupes est-Asiatiques (source en Anglais (2008). Voir aussi celle-ci (2009) )). Une étude de 2004 (Yao et al. 2004 : « Different Matrilineal Contributions to Genetic Structure of Ethnic Groups in the Silk Road Region in China ») avait aussi atteint des conclusions similaires.


    Une étude récente (Chunxiang L. et al. 2010 : Evidence that a West-East admixed population lived in the Tarim Basin as early as the early Bronze Age) (PDF source en Anglais | page web avec l’article) semble confirmer une migration de R1a1a, pour la première vague ouest-Eurasienne atteignant le Xinjiang. Des restes humains vieux d’environ 4000 ans du bassin du Tarim dans le Xinjiang (les plus anciens trouvées à ce jours), d’une population dite population de Xiaohe, ont été testés et tous les haplogroupes masculins (sept individus mâles testés) se sont trouvés être R1a1a (les haplogroupes ADNmt étaient majoritairement est-Asiatiques (surtout de l’haplogroupe ADNmt C4) mais il y avaient aussi des haplogroupes ADNmt ouest-Eurasiens présents (ADNmt K et H ;  pour ce dernier haplogroupe, les bases de données ont trouvé des individus modernes ayant cette signature génétique précise : 1 Italien, 1 Allemand, 1 Hongrois, 1 Portugais, 1 Icelandais et 4 Anglais).

    Parmi les études à citer aussi sur le Xinjiang se trouvent « Mitochondrial DNA analysis of ancient Sampula population in Xinjiang (Xie, C.Z., et al), Progress in Natural Science, vol. 17, no.  8 (Aug 2007), pp. 927-933(7) » et « Mitochondrial DNA analysis of human remains from the Yuansha site in Xinjiang (Gao, S. et al), Science in China Series C: Life Sciences, vol. 51 (2008), no. 3, pp. 205-213« , testant des populations du Xinjiang d’environ 2000 ans, ou un certain nombre d’haplogroupes ouest-eurasiens ont aussi été trouvés (haplogroupes ADNmt T2, U3, H, I, T) en compagnie d’haplogroupes Asiatiques.

    Le Tokharien, n’étant pas une langue Indo-iranienne (toutes les langues Indo-européennes d’Asie appartiennent pourtant à cette famille de langues – l’Indo-iranien ancestral est une langue généralement considérée comme apparaissant au plus tôt vers 2200 avant J. C.), pourrait être le résultat d’une migration Indo-européenne antérieure, datant d’avant la naissance de l’Indo-iranien (et de son innovation qu’est la satémisation, le Tocharien n’étant pas une langue Satem (« cent » était dit känt en Tokharien A (aussi appelé Tourfanien, Agnéen ou Arsi) et kante en Tokharien B (aussi appelé Koutchéen), donc à rapprocher de centum en Latin ou kant en Breton (Celtique) et non de, par exemple, satam en Sanskrit)), mais issue originellement de la même population venue de l’ouest. Tout ceci colle parfaitement avec la théorie des Kourganes, avec une première vague s’enfonçant profondément en Asie pour former la culture d’Afanasevo apparemment dès les environs de -3500 (culture recouvrant l’est du Kazakhstan, la Sibérie du sud, l’ouest de la Mongolie et un peu du Xinjiang), culture ayant des similarités avec les cultures d’Ukraine et de Russie du sud (culture Sredny Stog, culture Yamna) qui sont supposées être à l’origine du processus d’Indo-européanisation dans le contexte de la théorie des Kourganes.

    Le fait que le Tokharien, la langue la plus à l’est parmi les langues Indo-européennes ayant existée, ressemble d’avantage aux langues Indo-européennes les plus à l’ouest (c’est par exemple une langue centum, comme ces dernières – ou tout du moins bien plus proche d’elles) qu’aux langues Indo-iraniennes pourtant bien plus proches géographiquement, s’explique ainsi facilement : l’ancêtre du Tokharien (sans doute parlée à l’origine dans la culture d’Afanasevo) et la langue ancestrale des langues Indo-européennes occidentales (resultant d’une migration sans doute à l’origine de la culture de la céramique cordée (aussi appelée culture des haches de combat), culture supposée Indo-européenne recouvrant toute une partie de la moitié nord de l’Europe et débutant vers -3000, et de la culture des amphores globulaires débutant vers -3400) se sont séparées à peu près à la même période de leur zone d’origine commune dans la région de l’Ukraine/Russie (où peut-être un peu avant). Plus tard, cette région du nord de la mer noire (ou un peu plus à l’est ?) a connu une transformation linguistique (satemisation) qui s’est répandue principalement à l’est, là ou s’imposait l’Indo-iranien en Asie centrale et en Asie du sud (L’indo-iranien, langue satem, représente une deuxième vague postérieure de migration Indo-européenne, et donc a un stade différent d’évolution (et ultérieur) de l’Indo-européen).

    Incidemment, les restes d’individus de 4600 ans (-2600) à Eulau en Allemagne, appartenant à la culture de la céramique cordée, ont été testés et les trois individus masculins (apparemment une père et ses deux fils) étaient R1a (sans doute R1a1a*), montrant ainsi que cet haplogroupe était bien déjà présent en Allemagne à cette époque au sein de cette culture généralement supposée Indo-européenne (résumé en Anglais et étude source en Anglais).

    Le Grec ancien est souvent considéré comme étant issu d’un même groupe, originellement, que l’ancêtre de l’Indo-iranien (Il est sans doute aussi intéressant de noter que le Thrace (langage qui était parlé principalement dans l’actuelle Bulgarie (aussi une part du nord-est de la Grèce et de la Turquie Européenne)) était, du moins à l’époque classique antique, un langage satem), ces deux familles de langues, Grecques (quelques informations en Anglais sur le proto-Grec) et Indo-iraniennes, ayant certaines similarités (parmi elle, la loi de Grassmann).

    « Cent » en Grec était dit hecaton (ἑκατόν). On peut constater que (he)caton semble intermédiaire entre la forme latine centum (centom en Latin archaïque) et satam (en Sanskrit/Indo-aryen). Avant l’apparition de la satemisation, satam devait être catom, originellement. Avec cet exemple, on voit bien l’existence d’une certaine proximité entre le Grec ancien et les langues Indo-iraniennes antiques que l’on peut supposer issue d’une seule langue ancestrale se séparant vers les -2500 (Quelques rapides informations en Anglais) et que l’on peut voir comme une deuxième vague de migration Indo-européenne à partir du nord de la mer noire, qui semble être le centre de gravité des langues Indo-européennes, chaque groupe (centum/satem (et proche, apparemment comme le Grec ancien (une langue malgré tout centum))) voyant des représentants de part et d’autre de la mer noire.

    Swastika found in Bulgaria during archeology excavations - 500 BC

    Swastika, datée de -500, trouvée lors de fouilles en Bulgarie.

     

    On peut sans doute considérer, grâce à l’archéologie et à la linguistique, le stade du Proto-indo-européen comme apparaissant environ vers grosso modo -3500 [ndr : On peut évaluer la période d'apparition du proto-indo-européen par l'existence du Tokharien (rattachable selon toute vraisemblance à la culture Afanasevo du sud de la Sibérie (apparaissant environ vers -3500)) et tout particulièrement de sa nature (et sa relation avec les langues Indo-européennes de l'ouest) ainsi que par la comparaison des racines communes au sein des diverses langues Indo-européennes (particulièrement les anciennes) et la plupart des spécialistes considèrent que la période concernée se situe entre le chalcolithique et le début de l'âge du bronze (par exemple, de par les racines communes à toutes les langues Indo-européennes, on peut conclure que les Indo-européens originels connaissaient la roue, un métal (probablement le cuivre à l'origine | exemples : latin aes (bronze), sanskrit ayas (fer), Gotique áiz (laiton/"cuivre jaune" et pièce de monnaie), vieux norrois eir (bronze), etc...) et le cheval (indice qui permet aussi de rejeter certaines régions géographiques comme origine), ce qui exclut de fait une période telle que le néolithique stricto sensu)].

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    Page de l’université de Pennsylvannie sur les Momies du Xinjiang et le professeur Victor Mair, membre de cette univeristé (en Anglais)

    Article en Anglais mentionnant la présence d’individus non-est-Asiatiques sur des reliefs d’une tombe de l’époque de la dynastie des Hans orientaux, dans la municipalité de Chongqing, territoire voisin du Sichuan

    Homme europoïde d'une painture Chinoise
    Homme europoïde d’une peinture de Turfan (Xinjiang)

     


    5. Des blancs en Egypte ancienne ? Est-ce vraiment crédible ? N’est-ce pas un peu le pendant occidental de l’afrocentrisme qui prétend que la civilisation de l’Egypte antique a été fondée et n’était constituée que par des peuples noirs de type subsahariens ?

    A première vue, cela paraît étonnant, en effet, mais certains éléments laissent à penser que des peuples Europoïdes ont existés en Afrique du nord et se sont mélangés à d’autres populations (Encart de l’article principal du blog, évoquant la question). Il ne s’agit pas de dire que les anciens Egyptiens étaient un peuple blanc (ni même majoritairement blanc), bien évidemment. Les Egyptiens étaient apparemment un peuple assez mélangés dont la proportion de gènes Europoïdes dans la population devait être assez mince.


    Voici quelques phénotypes de l’Egypte ancienne avec des caractéristiques Europoïdes :

    Rahotep était le fils du Pharaon Snefru, fondateur de la célèbre 4ème dynastie qui fut un âge d'or de l'Egypte ancienne.

    Rahotep était le fils du Pharaon Snefru (fondateur de la célèbre 4ème dynastie qui fut un âge d’or de l’Egypte ancienne). On peut voir ici qu’il avait les yeux clairs.

     

    Statue de Nofret (femme de Rahotep et membre de l'élite de la 4ème dynastie), trouvée dans la Mastaba de rahotep en 1871 par Auguste Mariette

    Statue de Nofret (femme de Rahotep et membre de l’élite de la 4ème dynastie), trouvée dans la Mastaba de Rahotep en 1871 par Auguste Mariette. Elle aussi avait les yeux clairs et visiblement une peau pâle.

     

    Nofret, exposée au Musée Egyptien du Caire, en Egypte, sous un autre angle

     

    Hemiunu

    Hemiunu, fils de Nefermaat et parent du pharaon Khéops. Il fut apparemment l’architecte de la grande pyramide

     

    Le pharaon Mykerinos (Menkaura) de la 4ème dynastie et son épouse

    Le pharaon Mykerinos (Menkaura) de la 4ème dynastie et son épouse, la reine Khamerernebty II. Il règna de vers -2548 à -2530.

     

    Pharaon Userkaf, fondateur de la 5ème dynastie qui régna de -2465 à 2468 (Ancien Empire)

    Pharaon Userkaf, fondateur de la 5ème dynastie qui régna de -2465 à -2468 (Ancien Empire)

     

    Scribe aux yeux clairs

    Scribe aux yeux clairs

     

    Momie de femme Egyptienne de l'élite Egyptienne

    Momie de femme de l’élite Egyptienne.

     

    Malgré de long siècle de métissage certains signes semble trahir la présence de gènes Europoïdes dans la population. Ici un scribe aux yeux clairs.

    Malgré de longs siècles de métissage, certains signes semblent trahir la présence de gènes Europoïdes dans la population. Ici un scribe aux yeux clairs.

     

    Ces images appartiennent en général à l’élite de la 4ème dynastie de l’Ancien Empire (de 2575 avant J. C. à 2467 avant J.C.), période de développement scientifique et culturel, appelé l’âge d’or de l’Ancien Empire, aussi appelé l’âge des pyramides (la grande pyramide date dailleurs de cette dynastie).

    A ce sujet, une rumeur s’est répandue à la suite d’un documentaire de Discovery Channel concernant les tests d’ADN de Toutankhamon (régnant de -1333 à -1324, 18ème dynastie – fils d’Akhenaton). Zahi Hawass, secrétaire général du conseil suprême Egyptien des antiquités, a refusé de révéler les informations qui pourrait donner des informations sur l’appartenance raciale ancestrale du pharaon, mais des images tournées lors des tests génétiques ont néanmoins laissées filtrer des informations de manière involontaire.

    Bien que non confirmées, certains ont pu reconstituer l’haplogroupe ADN-Y de Toutankhamon à partir des informations affichées à l’écran, et ils prétendent que celui-ci appartenait à l’haplogroupe R1b1b2, un haplogroupe typique de l’ouest de l’Europe (ce qui n’implique pas nécessairement que son ancêtre paternel ayant légué cet haplogroupe venait d’Europe puisqu’il est probable que cet haplogroupe ne soit pas apparu en Europe, même s’il est aujourd’hui de loin le plus fréquent dans cette région du monde, mais peut-être en Asie mineure et il n’y a de toute façon pas de confirmation officielle, cela reste donc hypothétique. Impossible d’avoir de certitudes – néanmoins les données sembleraient pointer vers un type de R1b1b2 typique de l’Europe de l’ouest (ht15 aussi connu comme le AMH (Atlantic Modal Haplotype)) plutôt que vers un haplotype plus typiquement « Anatolien »).

    Comme cela a été dit, on retrouve au Maghreb des Haplogroupes qui ne sont trouvés en importante quantité qu’en Europe, dans les lignées féminines (surtout des haplogroupes ADNmt U, K, V et H (ce dernier étant l’haplogroupe ADNmt le plus fréquent d’Europe, et de loin)) et des tests génétiques effectués sur les os vieux de 12000 ans d’une population vivant au coeur des montagnes Marocaines (Taforalt) nous apprennent que durant la préhistoire, des populations vivant là étaient apparemment de type Europoïde ou très largement de type Europoïde (de tels individus ont apparemment été trouvés jusqu’au Mali).

    Publication scientifique sous forme de PDF détaillant la question

    Pouvant être classé comme H ou U : 42,8 %

    Pouvant être classé comme H : 19 %

    Pouvant être classé comme U6 : 9,5 %

    Pouvant être classé comme V : 9,5 %

    Pouvant être classé comme JT : 19 %

    Pouvant être classé comme ou L3, ou M, ou N : un seul individu (L3 est un haplogroupe typique de l’Afrique et pourrait être sans doute rattaché à l’haplogroupe ADN-Y Berbère typique E1b1b1, M et N sont eux Eurasiatiques mais très anciens et génétiquement peu éloignés de l’haplogroupe ADNmt L3). La provenance de cet personne ou de certains de ces ancêtres pourrait donc être l’Afrique de l’est ou le Moyen Orient.

    Tous ces haplogroupes sont Eurasiatiques et fréquents en Europe (à part le dernier – et U6 qui bien que trouvé dans la péninsule Ibérique est quasiment absent ailleurs en Europe) et l’haplogroupe JT (Eurasiatique aussi, venant probablement du proche ou du moyen orient) trouvé aussi en Europe ainsi que ses descendants J et T mais aussi au Moyen et Proche-orient. Les individus des haplogroupes J et T sont en général associés aux peuples venus du proche-orient ayant apparemment apportés l’agriculture en Europe (l’haplogroupe ADN-Y associé à l’introduction de l’agriculture en Europe est en général J2), mais les personnes de l’haplogroupe ADNmt JT précèdent ces peuples (J et T) et la date de ces os est antérieure à l’arrivée de l’agriculture dans ces régions et en Europe.

    Associer l’haplogroupe ADNmt JT à l’haplogroupe ADN-Y E1b1b1 n’est pas à exclure, mais même si cet haplogroupe ADNmt JT était à relier à une présence de l’haplogroupe ADN-Y E1b1b1, il n’en resterait pas moins que les haplogroupes ADNmt Europoïdes étaient très majoritaires dans cette ancienne population.

    L’haplogroupe ADNmt U6 est trouvé en importante quantité seulement en Afrique du nord et dans les îles Canaries, c’est pour cette raison qu’il est classé comme Nord-africain, mais il est issu d’un haplogroupe Eurasiatique (U), est proche de U5 (haplogroupe important en Europe, assez présent en Europe du Nord et du Nord-est) et même si certains scientifiques (Maca-meyer) considèrent U6 comme issu du proche-orient ou de l’Asie de l’ouest, certains indices peuvent faire penser qu’il serait en fait apparu dans la péninsule Ibérique. En effet, on trouve cet haplogroupe U6 aussi en Espagne mais ce qui peut laisser penser que sa présence n’est pas due principalement à l’invasion Maure du 8ème siècle ou à une autre migration antérieure, est le fait que c’est à cet endroit que la diversité de cet haplogroupe est la plus grande, ce qui est en général une indication de la source d’origine d’un haplogroupe (Certains indices, cependant, pourraient aussi indiquer que l’haplogroupe ADNmt U6 soit arrivé en Afrique du nord, du Proche Orient où de la péninsule Arabique avec un haplogroupe ADNmt M1 et avec sans doute un haplogroupe de type ADN-Y E1b1b1 (apparemment originellement apparu dans l’est de l’Afrique). U5 et U6 étant très anciens, leur « apparentement » pourrait être trompeur et les populations originellement typiques de ces haplogroupes pourraient avoir eues le temps de pas mal diverger depuis leurs origines).

    Aux îles Canaries aussi se retrouve les haplogroupes eurasiatiques ADNmt H (haplogroupe ouest-eurasien) et U (beaucoup de U6, qui ne sont sans doute pas « europoïdes ») – on y trouve aussi les haplogroupes ADNmt J, T et L -  et les Indigènes, les Guanches, sont connus pour avoir assez souvent des phénotypes Europoïdes et parfois même des cheveux blonds et des yeux clairs (néanmoins – à notre époque du moins (il y a eu des changements non négligeables dans la population suite à la conquête des îles par les Espagnols) – apparemment statistiquement moins que les Berbères Marocains du Rif, peuple ayant un fort pourcentage d’yeux et de cheveux clairs pour une population du continent Africain (Le Taforalt se trouve d’ailleurs dans le Rif oriental)).

    Etude sur les haplogroupes ADNmt aborigènes de La Palma, aux îles Canaries (en Anglais)  : The maternal aborigine colonization of La Palma (Canary Islands)

    « La majorité des lignages (93 %) étaient d’origine ouest-Eurasienne [ndr : ici, comprendre plutôt "issues de lignées d'origine Eurasiatique" (ou "non-Africaine")], le reste étant d’origine sub-saharienne (7 %). Le gros des haplotypes aborigènes ont une concordance exacte en Afrique du nord. »

    Il est supposé que les îles canaries ont été peuplées en plusieurs vagues, sans doute dès -3000.

    Une étude sur les haplogroupes ADN-Y (lien PDF en Anglais) de l’époque pré-hispanique des îles Canaries (échantillons datant environ de 200 avant J.C. à 1300 après J.C.) donne une large majorité d’haplogroupes nord-Africains rattachables aux Berbères, à savoir des haplogroupes du type E1b1b1 et J1, mais des traces d’haplogroupes ouest-Eurasien ont aussi été trouvées (haplogroupes R1b1b2 (typique de l’Europe de l’ouest) et I* (famille d’haplogroupe typique de l’Europe). Ces haplogroupes pourraient sans doute être venus avec ces colons nord-Africains/Berbères mais ils pourraient aussi éventuellement avoir été le reliquat d’une colonisation antérieure de l’île (à relier à la prédominance extrême d’haplogroupes ADNmt considérés ouest-Eurasiens – même les haplogroupes ADNmt U6 touvés dans ces îles (U6b1, qui est absent en Afrique du nord) ne sont pas reliés aux U6 trouvés en Afrique du nord (U6a est le plus fréquent en Afrique du nord et est rare aux Canaries) et semble donc a priori pointer vers une source différente de population, au moins pour partie).

    Un haplogroupe ADNmt tel que H1, aussi bien présent dans les échantillons, est fréquent en Europe, particulièrement dans le sud-ouest de l’Europe (fréquence maximum chez les Basques avec 27,8 % de la population testée) et en général associé avec les Magdaléniens et très probablement avec les populations antérieures (cela reste hypothétique, bien sûr). Sans surprise, les principaux haplogroupes ADNmt H trouvés au Maghreb (ceux-ci, principalement H1 et H3, sont apparemment trouvés en fréquence importante à l’est jusqu’en Libye (source)) semblent clairement arrivés d’Europe, des millénaires de cela (Etude source en Anglais : « Post-last glacial maximum expansion from Iberia to North Africa revealed by fine characterization of mtDNA H haplogroup in Tunisia« ).


    Quelques images de phénotypes Europoïdes du maghreb :

    Petite Berbère du Maroc

    Petite Berbère du Maroc

     

    Deux petites Berbères

    Deux petites Berbères

     

    Petite Kabyle

    Petite Kabyle

     

    Najat Al Hocima, chanteuse Berbère du Rif

    Najat Al Hoceima, chanteuse Berbère du Rif

     

    Amina Al Alam (Maroc)

    Amina Al Alam (Maroc)

     

    En plus de ces trouvailles au Maghreb, l’on retrouve aussi un haplogroupe R1b1 en très forte proportion dans le nord du Cameroun, indiquant une migration de peuples « Europoïdes » ou « Caucasiens » (mais peut-être déjà très métissés) dans ces régions. En Egypte aussi cet haplogroupe R1b1 est retrouvé (en relativement petite quantité), ainsi qu’en Oman, au Soudan (les plus forts pourcentages de R1b1 sont trouvés chez les Hausas du Soudan (environ 40 %), peuple parlant une langue Tchadique (famille afro-asiatique) et les Coptes (dont la langue représente le stade finale de la langue de l’ancienne Egypte (langue de la famille Afro-asiatique)) avec environ 15 %. Etrangement, les Peuls du Soudan ont aussi un fort pourcentage du type R1 avec 53,8% – (PDF source en Anglais concernant le Soudan))  et quelques traces infimes dans d’autres endroits, comme par exemple chez les Hutus du Rwanda (environ 1 %) ou en Guinée-Bissau.

    Récemment, des R1b1 ont été trouvés aussi dans 22 populations Bantoues (de 2 à 20 % de leur population) pratiquant l’agriculture (source en Anglais).

    R1b est un haplogroupe « Europoïde » actuellement typique de l’Europe de l’ouest (plus de 80 % des hommes Irlandais, Gallois et Basques sont de cet haplogroupe – de sous-groupes de R1b1b2) même si cet haplogroupe est probablement apparu en Asie mineure (dans l’actuelle Turquie ou non loin), il y a très longtemps (Une origine Européenne de cet haplogroupe n’est pas à exclure totalement non plus, bien que pour l’instant moins probable).

    Carte de la distribution approximative de R1b en Eurasie

    Carte de la distribution et de la fréquence approximative de R1b1b2 (cliquer pour voir en plus grand)

     

    Difficile de savoir d’où viennent ces R1b1 Africains. Venus du proche-orient via l’Egypte ? De l’Europe à une période très ancienne via Gibraltar ? En tout cas des gènes Europoïdes (vraisemblablement originellement proches, du moins) ont bel et bien trouvées leur chemin jusque dans ces régions éloignées.

    La nature de ces R1b a récemment été précisée (source en Anglais). Il s’agit d’un sous-groupe R1b1a* (défini par une mutation nommée V88). Les R1b typiques de l’Europe sont eux d’un sous-groupe R1b1b2 (plus précisément des sous-groupes au sein du sous-groupe R1b1b2a1), cependant il est intéressant de constater qu’un certain nombre de ces R1b1a sont trouvés en Afrique du nord et en Europe du sud (par exemple le sous-groupe R1b1a1 est trouvé dans le sud-est de la France, en Sardaigne et en Corse, mais aussi une infime quantité d’un sous-groupe R1b1a3 en Italie, le tout en petite quantité, mais avec semble-t-il une assez grande diversité (peut-être est-ce un signal indiquant une ancienne origine de cet haplogroupe dans cette région, ou proche de là)).

    Peut-être y-a-t’il un lien avec la présence au Soudan de gravures rupestres d’environ 15-16000 ans (PDF en Anglais sur le sujet) rappelant un peu celles trouvées en Europe (ainsi que pour partie, le style des peintures paléolithiques bien connues), puisque cet haplogroupe, bien que trouvé en Egypte du nord semble plus concentré au Soudan et au sud de l’Egypte. Mais cela reste purement hypothétique. Il est trop tôt pour le dire.

    Dans les populations du nord du Cameroun possédant cette signature génétique, assez proche de la frontière du Nigéria, est parlée une langue d’une famille différente de celle des populations bantouphones, une langue du groupe Tchadique des langues Afro-asiatiques, le Wuzlam par exemple (Les langues Afro-asiatiques contiennent entre autres les langues Sémites, Berbères et l’Egyptien ancien).
    Coïncidence ou non, c’est aussi dans cette partie de l’Afrique que l’on trouve les premières traces de métallurgie en Afrique sub-saharienne.

    Il est remarquable que la zone ou l’on trouve la plus forte proportion de ces signatures génétiques R1b, et où des langues afro-asiatiques sont parlées, est à peu près au point de départ de l’expansion Bantoue qui a propagé la pratique de l’agriculture et de la métallurgie en Afrique sub-saharienne et qui a imposé ces peuples sur une bonne part de l’Afrique. L’expansion Bantoue vers le sud et l’est semble avoir débutée vers -1500/-1000 (avec une origine supposée de ce groupe dans la région du Cameroun et une expansion en Afrique de l’ouest peut-être vers -3000/-2500). Comme précédemment évoqué, des signatures génétiques R1b ont été trouvées chez des peuples Bantous.

    Expansion Bantoue ("1" est le point de départ)Expansion Bantoue (“1″ est le point de départ) 

    Les haplogroupes ADNmt Eurasiatiques sont quasi-inexistants en Afrique Sub-saharienne même si l’on retrouve quelques U6 et U5 par exemple, une présence anecdotique. Les gènes Africaines sont donc en général largement majoritaires dans ces populations (de 6,7 à 95 %, avec une moyenne de 39,5 % pour cet  haplogroupe ADN-Y R1b). Il a été suggéré (Salas et al. (2002)) que les Peuls et d’autres peuples de pasteurs, ont pu apportés ces ADN-Y R1 et ADNmt U6 jusque dans le nord du Cameroun, par un apport génétique venu originellement d’Afrique du nord. Cette hypothèse est basée sur la présence de Peuls dans le nord du Cameroun et sur la preuve que les Peuls installés au nord du Nigéria montre des signes d’un flux de gènes dont les caractères sont transmis maternellement chez les peuples d’Afrique du nord, à savoir les haplogroupes ADNmt H et U6 (Watson et al., 1997)). La séquence U5 trouvée chez les Peuls était dailleurs génétiquement proche de celles trouvées chez les Marocains, les Saharawi et les Tunisiens.

    Publications scientifiques en langue Anglaise évoquant partiellement (parmi d’autres choses) cette présence de R1 en Afrique :

    « Contrasting patterns of Y chomosome and mtDNA variation in Africa: evidence for sex-biased demographic processes » (Wood et al. 2005) (pdf)

    « A Back Migration from Asia to Sub-Saharan Africa Is Supported by High-Resolution Analysis of Human Y-Chromosome Haplotypes » (Cruciani et al. 2002) (pdf)

    Publication scientifique en langue Anglaise évoquant cette présence (infime) d’ADNmt U6 et U5 :

    « Brief communication: mtDNA variation in north Cameroon: Lack of asian lineages and implications for back migration from Asia to sub-Saharan Africa » (Coia et al. 2005)

    Depuis la préhistoire de nombreux mouvements de populations ont eu lieu. Pour preuve, on retrouve des haplogroupes assez typique des Sames du nord de la Scandinavie en Afrique du nord, dans le Sahara (chez des Touaregs de Lybie, par exemple) ou même chez des Peuls (en l’occurence des haplogroupes ADNmt V et U5b1b, ces deux haplogroupes représentent environ 90% des haplogroupes ADNmt des Sames (Sur la question de ces V et U5b1b, voir cette étude de 2005 : Saami and Berbers—An Unexpected Mitochondrial DNA Link (en Anglais))), certes en petite quantité. Une étude a aussi trouvée que 8,1 % d’individus testés parmi des Peuls (aussi appelés Fulani ou Fulbe) de populations du Cameroun, du Burkina Faso et du Tchad, avaient des haplogroupes ADNmt ouest-Eurasiens (U5, H, V et J1b) (source en Anglais).

    Une étude récente (2010) à aussi trouvée des R1b et des haplogroupes ADNmt (lignées féminines) ouest-Eurasiens dans des populations de Touaregs du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

    Rien de nouveau en fait, des squelettes de peuples préhistoriques non-africains (de physionomie non-subsaharienne) ont été retrouvés jusqu’au Niger datant de l’époque ou le Sahara était, dans sa plus grande partie, une savane (En effet, le Sahara a été autrefois en grande part une savane – durant une période allant environ de -8000 à -3000  – habitée comme le rappellent les gravures et peintures rupestres du Tassilli n’Ajjer).

    Rapide compte-rendu sur ces trouvailles (en anglais)

    Page wikipédia en Anglais sur le site de Gobéro du Niger abritant parmi les plus vieilles sépultures connues du Sahara, et page wikipédia avec de plus générales informations sur les cultures de cette époque dans toutes les régions concernées (aussi en Anglais)

    Article de sciencedaily.com, Stone Age Graveyard Reveals Lifestyles Of A ‘Green Sahara’ (en Anglais)

    A noter que des méchtoïdes du type du Taforalt (région du Rif Marocain), qui je le rappelle possédaient très majoritairement des haplogroupes ADNmt ouest-Eurasiens fréquemment trouvés en Europe, on été trouvés profondément dans le sud du Sahara (Hassi-el-Abiod, Mali) sur un site daté du Holocène ancien (le Holocène débute il y a environ 12000 ans vers -10000). (Lien vers le document PDF (en Français))

    « Brief communication: mtDNA variation in North Cameroon: Lack of asian lineages and implications for back migration from Asia to sub-Saharan Africa » (Coia et al. 2005)http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajpa.20138/abstract

     

    Sources:
    Pastmistishicilinique Blog.

    NOTES 

     

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