• NOTES

    En marge des articles principaux, il me semble important de préciser un certain nombre de points.
    Première chose à préciser, l’explication de la répartition géographique des langues Indo-européennes suivie ici reste théorique. Il n’y pas de preuve absolue concernant le processus d’indo-européanisation et il n’y en aura peut-être jamais.
    La théorie des Kourganes est un moyen pratique d’expliquer la répartition des langues Indo-européennes en Eurasie en tenant compte des éléments archéologiques (aspect qui n’a été que survolé ici), linguistiques et génétiques.
    D’autres théories restent possibles (mais bien sûr, il me semble que les éléments disponibles actuellement favorisent très clairement la théorie des Kourganes *.
    * Par exemple, les données génétiques, linguistiques et archéologiques concernant le sud de la Sibérie et le Xinjiang (population Europoïde (avec aussi des caractéristiques telles que des cheveux et des yeux clairs) arrivant dans le sud de la Sibérie durant le Chalcolithique, porteuse d’haplogroupes Europoïdes que l’on trouve chez des Européens modernes, avec une lignée masculine (R1a1a) fréquente en en Europe de l’est
    Et que l’on peut aisément relier aux migrations Indo-européennes, avec divers éléments archéologiques reliant cette culture au nord de la mer noire et aux cultures locales de cette époque. A quoi l’on peut ajouter que les plus anciennes momies du Xinjiang ont des haplogroupes qui les rapprocheraient des haplogroupes europoïdes et asiatiques de la Sibérie du sud, et que la langue Tokharienne (attestée vers l’an 500 après J.C.) a des caractéristiques qui laisse supposer qu’elle s’est séparée tôt du groupe Indo-européen
    (Parallèle parfait avec l’archéologie et la culture d’Afanasevo du sud de la Sibérie))) s’intègrent parfaitement dans le schéma de la théorie des Kourganes et de sa chronologie et semblent valider cette théorie et prouver sa véracité. Aucune autre théorie sur la question ne semble avoir une telle confirmation.
    Second point, stricto sensu, « Indo-européen » n’est pas synonyme de « blanc » ou d’ « européen« , ce ne sont pas des termes interchangeables. L’indo-européanité est avant tout une notion linguistique et culturelle (il n’y a plus grand monde pour nier cette parenté linguistique, difficile à contester.
    Que l’on en juge par cet exemple, le mot « castor » dans diverses langues Indo-européennes antiques et modernes : Allemand biber, Suédois bäver, Gaulois bebros, Lituanien bebras, Russe bobr, Sanskrit babhru (marron; mangouste), Avestique bawra, Latin fiber, etc... Difficile d’imaginer cela comme une coincidence d’autant plus que cela est loin d’être un cas isolé (on notera au passage, vu la répartition géographique (y compris ancienne) du castor, que cela exclut de nombreuses zones comme source géographique du proto-indo-européen, à commencer par l’Asie du sud)).

    De nombreuses personnes semblent comprendre « Indo-européens originels » comme « blancs/Européens originels« .

    Ici, dans le contexte de la théorie des kourganes, il est avant tout question d’une population, certes de type Européen (c’est ce que j’ai essayé de démontrer), qui se serait imposée en Europe et en Asie. Les populations Indo-européanisées issues de la fusion des populations Européennes autochtones (et Asiatiques en Asie) et des migrants Indo-européens, indo-européanisant à leur tour les peuples voisins dans un processus d’indo-européanisation prenant des siècles (rappelons que toute l’Europe ne parle pas une langue de la famille linguistique Indo-européenne.
    Les Basques, les Estoniens ou les Finlandais, par exemple, parlent des langues d’une famille différente (Finno-ougrienne pour les deux derniers) mais n’en sont pas moins ethniquement des peuples Européens).
    Il y a tout lieu de croire, même si le processus de peuplement de l’Europe et la gestation des peuples Européens restent assez obscurs (des théories contradictoires s’affrontent encore sur ce sujet);
    Que l’Europe pré-Indo-européenne (dans le contexte de la théorie des kourganes, qui reste une théorie) était déjà peuplée de peuples blancs, qui étaient sans doute dans leur plus grande partie très similaires à ce que l’on connait aujourd’hui, mais de langue et de culture non-Indo-européenne.
    La question du processus d’Indo-européanisation reste obscure et complexe, c’est pourquoi plusieurs théories coexistent.
    Comment expliquer le fait qu’un Irlandais et un Bengali du nord-est de l’Inde parlent une langue ayant une ancienne origine commune ?
    Cet homme Indien du Gujarat (état de l’ouest de l’Inde) …
    Sadhu d'Ahmedabad, état du Gujarat (Inde)
    Sadhu d’Ahmedabad, état du Gujarat (Inde), parlant une langue Indo-européenne de la famille Indo-iranienne … et cette petite Russe …
    Petite Russe. Les langues slaves (dont le Russe fait partie) fait partie du groupe des langues Satem au sein des langues Indo-européennes, tout comme les langues Indo-iraniennes
    Les langues Slaves (dont le Russe fait partie) font partie du groupe des langues Satem au sein des langues Indo-européennes, tout comme les langues Indo-iraniennes … parlent tous deux une langue Indo-européenne ayant une origine commune.
    Pour expliquer cette communauté de langage sur de telles distances, nous devons avoir recours aux migrations.
    Fonder cette parenté linguistique sur une origine extrêmement ancienne de cette langue mère et de cette culture originelle, remontant loin dans le paléolithique et permettant d’envisager une période de temps suffisamment longue pour permettre des changements importants dans l’aspect physique des populations qui auraient été alors une population originellement unique, semble extrêmement peu vraisemblable. C’est d’ailleurs là l’avis de l’immense majorité des spécialistes (on considère en général que le vocabulaire commun tendrait à faire remonter l’origine du proto-Indo-européen au chalcolithique (période entre le néolithique final et l’âge du bronze, aussi parfois connue comme l’âge du cuivre) ou au début de l’âge du bronze).
    Je voudrais aussi préciser que la génétique des populations est une science encore jeune (de nombreuses choses restent à préciser voire à déterminer) et il faut garder à l’esprit que certains points mentionnés sur ce blogue pourraient se voir être remis partiellement en cause ou au moins relativisés. Il n’en reste pas moins que la plupart des éléments fournis restent assez surs, en particulier lorsqu’il s’agit des études les plus récentes.
    Dernier point, ce blogue n’a pas pour vocation de traiter de la question Indo-européenne dans son ensemble, sinon il va de soi qu’il serait très incomplet. Le but était de voir si l’on pouvait déterminer la nature de la population à l’origine des langues et de la culture antique Indo-européennes, et son lieu d’origine.
    C’est pour cette raison que ces pages restent très superficielles et évasives sur de nombreux points et ont recours à de nombreux liens et renvois vers des pages donnant des éléments de base pour comprendre la question.
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    Bractéate Suédoise datant des alentours de l'an 400 après J. C. (Musée historique de Stockholm, Suède)
    Bractéate Suédoise datant des alentours de l’an 400 après J. C. (Musée historique de Stockholm (historiska museet), Suède).
    Sources:
    Pastmistishicilinique Blog.

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